Les républicains veulent «discuter» avec Obama

Une femme, qui assistait lundi à un discours que prononçait Barack Obama à l’occasion de la fête du Travail, brandissait une pancarte disant que «l’Amérique veut travailler».<br />
Photo: Agence Reuters Jason Reed Une femme, qui assistait lundi à un discours que prononçait Barack Obama à l’occasion de la fête du Travail, brandissait une pancarte disant que «l’Amérique veut travailler».

Washington — Les responsables républicains de la Chambre des représentants américaine ont écrit à Barack Obama hier pour réclamer une réunion afin de «discuter» des propositions sur l'emploi que le président compte présenter dans un discours demain devant le Congrès.

Le président de la Chambre des représentants, John Boehner, et le chef de la majorité républicaine, Éric Cantor, ont indiqué qu'ils pourraient être d'accord avec certains aspects des mesures que M. Obama s'apprête à proposer. «De telles réformes ne constituent pas un programme qui favorisera la croissance, tel que celui que les républicains de la Chambre ont déjà mis en avant. [...] Mais elles préfigurent potentiellement un terrain d'entente», ont-ils écrit.

Les élus qui ont appelé le président à un «travail en commun» ont ajouté: «Nous vous suggérons qu'avant votre discours devant le Congrès vous organisiez une réunion bipartite, bicamérale des responsables du Congrès afin que nous puissions avoir l'occasion de discuter de façon constructive vos propositions.»

Ce message intervient alors que le président doit prononcer demain un discours pour exposer des mesures visant à relancer l'emploi. En pleine incertitude sur le front économique, les sondages plongent pour Barack Obama qui présentera au Congrès un plan de relance de l'emploi, à un peu plus d'un an de la présidentielle américaine. Le président doit s'adresser au Congrès partiellement dominé par ses adversaires républicains alors que de multiples indicateurs sont à l'orange, alimentant les craintes d'une nouvelle récession trois ans après l'éclatement de la crise du crédit.

L'économie américaine a détruit autant d'emplois qu'elle en a créé en août, mettant fin à dix mois consécutifs d'embauches nettes, et le taux de chômage du pays s'est maintenu à 9,1 %.

Sur fond d'inquiétude quant à la capacité des élus américains à s'accorder sur la façon de réduire leurs déficits et de lutter contre une dette qui s'approche des 100 % du PIB, l'agence de notation financière Standard and Poor's (S&P) a abaissé début août la note de cette dette, un mauvais coup pour M. Obama.

Le président démocrate paie les conséquences de cette déprime dans les sondages. Selon une enquête commandée par Washington Post et ABC News et publiée hier, quelque 53 % des personnes interrogées jugent négativement son action et 77 % estiment que le pays «n'est pas sur les bons rails». En outre, 35 % estiment que leur situation financière s'est dégradée sous la présidence Obama, un record pour un président en exercice depuis les années 1980. Concernant la situation économique, 34 % des sondés jugent que l'action du président a fait plus de mal que de bien, seuls 17 % pensent le contraire.

Mais les sondés n'épargnent pas pour autant les républicains, 68 % jugeant négativement l'action des élus républicains au Congrès, qui ont longtemps bloqué un compromis sur la dette publique du pays avant une résolution in extremis.

Les idées pour l'emploi de M. Obama, candidat à sa réélection en novembre 2012, risquent de se heurter à la même hostilité au Congrès, en particulier à la Chambre des représentants où ses adversaires républicains sont majoritaires. Lundi, jour de la fête du Travail, M. Obama a mis ses opposants au défi de l'aider à améliorer la situation de l'emploi. «Étant donné l'urgence de la situation, les difficultés que connaissent tant de gens, il faut savoir s'unir», a-t-il lancé devant 10 000 syndicalistes acquis à sa cause, à l'occasion d'un déplacement à Detroit. «Nous n'allons pas les attendre», a-t-il poursuivi. «Nous allons voir s'il y a des gens sincères au Congrès. Nous allons voir si les républicains vont faire passer le pays avant leur parti».

«Montrez-nous ce que vous avez dans le ventre! [...] C'est le moment d'agir», a-t-il dit, très offensif, en évoquant quelques pistes, comme des mesures pour le pouvoir d'achat des salariés, ou pour la construction d'infrastructures. Mais de telles propositions, déjà sur la table depuis le début de l'année, ont été reçues avec méfiance par les républicains.