Les employés de Couche-Tard font entendre leur voix à l'assemblée annuelle

Alain Bouchard, le grand patron de Couche-Tard
Photo: - Le Devoir Alain Bouchard, le grand patron de Couche-Tard

L'assemblée des actionnaires d'Alimentation Couche-Tard a été un peu moins feutrée que d'habitude, cette année.

Profitant des dispositions de la nouvelle Loi sur les sociétés par actions du Québec, le Régime de retraite de la CSN et le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC) ont déposé plusieurs propositions visant à changer les pratiques d'affaires de la chaîne québécoise de dépanneurs et de stations-service. Les actionnaires ont rejeté hier toutes les propositions dans une proportion de plus de 90 %, y compris celle demandant à Couche-Tard d'adopter une politique sur «le respect de la liberté syndicale».

Kassandra Lanteigne, une jeune syndiquée du plus important magasin Couche-Tard du Québec, celui de Saint-Liboire, près de Saint-Hyacinthe, a tout de même eu l'occasion de s'adresser aux actionnaires. Enceinte, elle gagne 9,95 $ l'heure et dit n'avoir droit à aucun congé de maladie payé. «Je crois qu'il devrait y avoir des améliorations dans mes conditions de travail, a-t-elle déclaré à l'assemblée. Ce serait bon pour nous comme salariés et bon pour vous comme actionnaires.»

À cela, le grand patron du détaillant, Alain Bouchard, a répondu: «Je suis content d'entendre que vous êtes heureuse de travailler pour Couche-Tard; 53 000 employés pour nous, c'est très important. J'ai commencé moi-même dans un magasin comme vous, alors je sais de quoi vous parlez. Je sais que c'est difficile.»

En conférence de presse par la suite, M. Bouchard a soutenu qu'il était «faux» d'affirmer qu'il n'y a pas de congé de maladie chez Couche-Tard et a assuré que l'entreprise respectait les normes du travail. Il a toutefois refusé d'en dire davantage.

Selon lui, la campagne de syndicalisation de la CSN n'aura pas d'impact à long terme sur la réputation de l'entreprise. «On est très, très respectueux de nos employés, a-t-il martelé. Ce sont les personnes les plus importantes de cette organisation.»

Négociations

Les négociations entre la CSN et l'employeur afin d'en arriver à une première convention collective au Couche-Tard de Saint-Liboire ont commencé hier. Outre l'amélioration des conditions de travail et des augmentations salariales, la centrale syndicale veut que Couche-Tard mette fin à ce qu'elle qualifie de «favoritisme» dans l'établissement des horaires de travail.

En avril, Couche-Tard a fermé un dépanneur de Montréal qui était en cours de syndicalisation, invoquant sa non-rentabilité. En janvier, Alain Bouchard avait suscité la controverse en affirmant dans une vidéo destinée à des employés que plusieurs dépanneurs ne pourraient pas survivre aux coûts engendrés par la syndicalisation.

Au sujet des propositions du MÉDAC, qui plaidaient notamment en faveur de la présence d'un plus grand nombre de femmes au conseil d'administration et de l'instauration d'un vote sur la politique de rémunération de la haute direction, M. Bouchard s'est montré un peu plus ouvert, hier. «On va avoir des discussions avec le conseil d'administration, a-t-il dit. On n'est pas fermés à tous les changements possibles.»

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