Wall Street finit en net repli, plombée par le chômage et les banques

Les valeurs américaines ont fini en net repli hier, sur des craintes renouvelées de rechute de l'économie américaine en récession après l'annonce d'une croissance nulle des créations d'emplois en août.

L'indice Dow Jones a fini en repli de 2,2 % ou 253,31 points, à 11 240,26 points. Le Standard & Poor's 500, référence des gérants de fonds, a cédé 2,5 % ou 30,45 points à 1173,97 points, tandis que le composite du Nasdaq reculait de 2,6 % ou 65,71 points à 2480,33 points.

Sur la semaine, le Dow a perdu 0,4 %, le S&P 0,2 % et le Nasdaq 0,02 %. Le quasi sur-place du marché cette semaine s'explique par la hausse du marché sur les trois premiers jours de la semaine, notamment sur des espoirs d'introduction par la Réserve fédérale de nouvelles mesures visant à relancer la machine économique.

Selon les statistiques officielles publiées hier, les créations d'emplois non agricoles aux États-Unis ont été nulles en août et le taux de chômage est resté inchangé à 9,1 %, alors que le marché attendait environ 75 000 créations de postes. La tendance à Wall Street est également plombée par les craintes renouvelées concernant la situation budgétaire de la Grèce et par l'incertitude qui entoure le programme d'austérité de l'Italie.

Les valeurs bancaires ont également été sous pression. Bank of America a perdu 8,3 % à 7,25 $US, JP Morgan Chase 4,6 % à 34,63 $US et Goldman Sachs 4,6 % à 107,06 $US, après une information selon laquelle elles seraient visées par une plainte au niveau fédéral concernant leur rôle dans la crise des subprimes. L'action Bank of America a été particulièrement attaquée, le Wall Street Journal ayant rapporté que la Fed aurait demandé à la banque de présenter les mesures qu'elle prendrait si les conditions d'activité se dégradaient.

À Toronto, la crainte de voir l'économie américaine replonger en récession a fait chuter l'indice S&P/TSX de 98,33 points, à 12 602,41. Les pertes ont toutefois été limitées par la progression des titres du secteur aurifère, qui a profité de la volonté des investisseurs de trouver refuge dans l'or ainsi que dans les obligations du gouvernement américain.

Le dollar canadien a souffert de l'insécurité qui a gagné les investisseurs. Il a perdu 90 centièmes par rapport au billet vert, pour terminer la semaine à 101,61 ¢US.

«La stagnation de l'emploi aux États-Unis est de mauvais augure», a dit Paul Ashworth, économiste chez Capital Markets. «Le message qu'il faut en retenir est que même si l'économie américaine ne recommence pas à se contracter, toute croissance sera très, très modeste et bien inférieure à ce qui serait nécessaire pour réduire le taux de chômage qui demeure très élevé», a-t-il ajouté.

Les titres aurifères ont pour leur part profité de l'appréciation de l'once d'or pour livraison en décembre, qui a bondi de 47,80 $ US, à 1876,90 $ US.

***

Avec La Presse canadienne

À voir en vidéo