Les moteurs de la croissance en Chine s'essoufflent

Washington — La Chine perd peu à peu les atouts qui lui ont permis de connaître, depuis une vingtaine d'années, une croissance économique jamais vue dans l'histoire, a affirmé jeudi le président la Banque mondiale, Robert Zoellick, dans une tribune.

«Les moteurs de l'émergence fulgurante de la Chine sont en train de s'essouffler», a-t-il écrit dans cette tribune publiée dans le Financial Times hier, et transmise à la presse.

Il a cité pêle-mêle les limites rencontrées par une industrie qui a maintenant conquis presque tous les secteurs, la réduction des gains de productivité, les perspectives étroites des productions à faible valeur ajoutée, le vieillissement de la population. Il a aussi souligné «d'autres défis, y compris la dégradation grave de l'environnement, la montée des inégalités, l'usage intensif d'énergie et les émissions de carbone, un secteur des services sous-développé et une trop grande dépendance aux marchés étrangers».

Néanmoins, M. Zoellick a souhaité que la Chine rejoigne le groupe des pays riches, en quadruplant sur vingt ans la richesse de ses habitants, plutôt que d'être bloquée dans «la trappe des pays à revenus moyens. Si d'ici à 2030 la Chine atteint un revenu par habitant de 16 000 $US — une hypothèse raisonnable —, l'effet sur l'économie mondiale équivaudrait à ajouter 15 Corée du Sud actuelles», a-t-il calculé.

«Une des questions essentielles est de savoir comment la Chine peut parachever sa transition vers une économie de marché», a expliqué le président de l'institution d'aide au développement. «Le programme global doit comprendre la redéfinition du rôle de l'État et de l'État de droit, l'expansion du secteur privé, la promotion de la concurrence et un approfondissement des réformes dans les marchés foncier, du travail et financier», a-t-il affirmé.

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