Emplois et croissance - Obama annonce un nouveau plan

En tournée dans l’Illinois, hier, Barack Obama a révélé qu’il déposerait en septembre un nouveau plan pour créer des emplois et relancer l’économie. <br />
Photo: Agence Reuters Jason Reed En tournée dans l’Illinois, hier, Barack Obama a révélé qu’il déposerait en septembre un nouveau plan pour créer des emplois et relancer l’économie.

Rock Island, Illinois — Le président américain Barack Obama dévoilera début septembre un nouveau plan pour créer des emplois et relancer la croissance, ce qui pourrait inclure des compressions budgétaires encore plus grandes que prévu, mais il risque de se heurter à l'obstruction des républicains, peu enclins à le soutenir à 14 mois de la présidentielle de 2012.

M. Obama présentera ce plan en plusieurs volets au cours d'un discours qu'il prononcera peu après le jour férié du Labor Day, le 5 septembre.

Ce discours devrait donner le ton d'un automne d'affrontements avec ses adversaires républicains sur la fiscalité, les dépenses et la reprise économique.

Selon la presse politique de Washington qui suit M. Obama dans le cadre de sa tournée du Midwest en autobus, le président a affirmé hier que les élus ont une décision à prendre. «Lorsque le Congrès reprendra ses travaux en septembre, je ferai valoir qu'il ne faudrait pas avoir à choisir entre l'assainissement des finances et l'emploi et la croissance», a-t-il dit lors d'une assemblée de citoyens de l'Illinois. «On ne peut se permettre de ne faire qu'une seule chose, il faut faire les deux.»

Selon un haut responsable de l'administration qui s'exprimait sous couvert d'anonymat, l'un des aspects du plan consistera en un engagement de réduction du déficit budgétaire supérieur aux 1500 milliards de dollars d'économies en 10 ans que doit trouver la super-commission bipartite créée le 2 août et chargée d'apporter une réponse à l'endettement américain.

Une autre initiative comprendra des réductions fiscales ciblant les classes moyennes, des projets d'investissement dans les infrastructures, une aide pour les chômeurs de longue durée et des mesures de soutien aux secteurs économiques les plus en difficultés.

«Franchement, nous pourrions en faire beaucoup plus si le Congrès collaborait, a dit Obama. Il n'est pas question d'idées radicales. Construire des routes, quand cela est-il devenu un dossier partisan? On veut remettre les gens au travail. C'est Dwight Eisenhower qui a construit le réseau d'autoroutes qui traverse le pays. Aux dernières nouvelles, c'était un républicain très populaire.»

Un autre responsable a par ailleurs ajouté que des mesures seraient proposées pour aider les anciens combattants d'Irak et d'Afghanistan à s'insérer sur le marché du travail.

Le plan de M. Obama reposerait sur un effort «équilibré» pour réduire le déficit, qui devrait atteindre 1600 milliards de dollars cette année, selon son entourage.

Par le terme de mesures «équilibrées», M. Obama entend augmenter les impôts des Américains les plus riches pour accompagner des coupes dans les dépenses.

Sous pression

Économiquement et politiquement, M. Obama est de plus en plus sous pression. Le ralentissement de la croissance américaine et un taux de chômage qui culmine à 9,1 % jettent une ombre sur ses perspectives de réélection en novembre 2012.

Et une nouvelle initiative économique a peu de chance de franchir l'étape du Congrès, où les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, sont arc-boutés contre toute hausse des impôts ou des dépenses, arguant que cela risque de nuire à la croissance.

«La pire chose que Washington puisse faire pour notre économie, c'est d'augmenter les impôts des gens dont nous avons besoin pour recommencer à embaucher», écrivent les chefs de la majorité républicaine à la Chambre, John Boehner et Eric Cantor, dans une tribune publiée hier par le quotidien USA Today.

Pour eux, la super-commission sur la dette devra faire des «choix difficiles» pour réduire les dépenses de programmes sociaux comme Medicare, l'assurance-santé des personnes âgées, qui, selon eux, alourdissent la dette américaine à long terme. «Nous pensons que nous pouvons faire cela sans imposer de hausses d'impôts destructrices d'emplois», écrivent-ils.

Le porte-parole de M. Boehner, Brendan Buck, a paru pour sa part carrément indifférent à l'annonce d'un discours du président. «Nous n'avons vraiment pas besoin d'un discours de plus. Simplement un plan sur le papier. Sérieusement, contentez-vous de nous l'envoyer par la poste. Pas besoin de tribune. Merci», écrit-il dans un tweet.

M. Obama terminait mercredi sa tournée dans le Minnesota, l'Iowa et son Etat d'adoption, l'Illinois, au cours duquel il a durci le ton contre les parlementaires républicains.

«La seule chose qui nous empêche d'adopter [des lois sur la relance et la création d'emploi], c'est le refus d'une faction du Congrès de placer le pays avant leur parti, a-t-il lancé. Et cela doit cesser. Notre économie ne peut se le permettre».

Pas de récession

Barack Obama a par ailleurs déclaré dans un entretien accordé à la chaîne de télévision CBS dont des extraits ont été diffusés hier, que les États-Unis ne sont pas menacés par une nouvelle récession.

La reprise, a-t-il toutefois admis, n'est peut-être pas suffisante pour surmonter la crise américaine de l'emploi.

«Je ne pense pas qu'il y ait un danger de nouvelle récession, mais il y a le danger de ne pas avoir une reprise suffisamment rapide pour surmonter la crise du chômage qui touche beaucoup de gens ici. Et c'est pourquoi il faut que nous en fassions davantage», a-t-il déclaré dans cet entretien qui sera diffusé dimanche.