Forage gazier - Gastem garde le cap aux îles de la Madeleine

La décision de la société Gastem de lancer une consultation tout en maintenant le cap sur son intention de forer un puits exploratoire aux îles de la Madeleine cet automne a fait dire à la municipalité hier qu'elle va demeurer vigilante quant à la protection de la nappe phréatique.

Jeudi, Gastem, qui a rencontré les autorités locales, a fait savoir qu'elle commencerait ses séances de consultation publique le 22 août, soit près d'un an après que le conseil d'agglomération de la municipalité eut voté un moratoire sur l'exploration du gaz naturel tant et aussi longtemps qu'il n'y aurait pas de consultation.

Selon les médias locaux, dont les informations de jeudi ont été relayées par La Presse canadienne, le président de Gastem, Raymond Savoie, un ancien ministre libéral, estime que le développement économique des îles de la Madeleine passe par le gaz et croit que la population va appuyer la société. Il a été impossible de le joindre hier.

«La municipalité n'a pas de pouvoir sur l'émission des permis de forage ou sur le cadre réglementaire, mais nous entendons jouer notre rôle de chien de garde de la ressource en eau potable et nous voyons d'un bon oeil la tenue d'un véritable débat public sur l'exploration gazière en milieu terrestre dans l'archipel», a dit dans un communiqué le maire Joël Arseneau.

«La protection de la nappe phréatique et l'acceptabilité sociale sont deux conditions qui ont toujours été non négociables et qui le demeureront», a ajouté M. Arseneau. Celui-ci a dit qu'en juillet, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, avait affirmé qu'un projet de forage devait d'abord être déposé avant que Québec ne décide de la tenue d'audiences sous la gouverne du BAPE.

La municipalité a indiqué que ses hydrogéologues surveilleraient de près le site choisi par Gastem, qui détient depuis 2008 un permis d'exploration de 17 500 hectares (175 millions de mètres carrés) dans la région.

Ce permis, selon le registre des permis en vigueur au ministère des Ressources naturelles, coûte chaque année 1752 $ à Gastem. Il ne s'agit pas de gaz de schiste, mais d'un projet de forage gazier traditionnel.

Questerre

Par ailleurs, la société albertaine Questerre a indiqué hier que l'évaluation environnementale que Québec mène au sujet de l'industrie de gaz de schiste occasionne chez elle un changement de priorité.

«Avec l'évaluation environnementale stratégique en cours au Québec, nous avons changé notre stratégie à court terme vers le pétrole non conventionnel. L'accélération du développement de nos activités à Antler [en Saskatchewan] sera notre première priorité, autant au niveau de la croissance organique que de nos acquisitions augmentant la valeur de la société», a écrit la société dans un communiqué.

Le président-directeur général de Questerre, Michael Binnion, a déjà été critique à l'égard de cet exercice lancé par Québec, affirmant aux actionnaires de la compagnie à Oslo en mai 2011 que cet exercice est moins scientifique que politique et éducatif.

«Même si elle prendra plus de temps que nous l'espérions, la commercialisation de notre découverte du gaz de shale dans l'Utica [au Québec] reste toujours notre principale priorité à long terme. Pendant que le gouvernement évalue les impacts environnementaux potentiels et développe une nouvelle réglementation, nous allons nous concentrer au niveau de la communication auprès des intervenants afin d'y consolider l'acceptabilité sociale», a-t-il ajouté dans le communiqué publié hier.
1 commentaire
  • camelot - Inscrit 13 août 2011 14 h 11

    Fragile

    De tous les endroits du Québec est le plus fragile, le plus vulnérable à une fuite de pétrole, à cause de la nature même du sol, le sable.