Fusion avec Deutsche Börse - Les actionnaires de NYSE Euronext se prononcent demain

Vue de l’extérieur de Deutsche Börse
Photo: Agence France-Presse (photo) Alex Domanski Vue de l’extérieur de Deutsche Börse

Paris — Les actionnaires de NYSE Euronext vont se prononcer demain sur le projet de fusion du groupe transatlantique avec l'allemand Deutsche Börse, mariage devant donner naissance au premier opérateur boursier de la planète.

«Nous sommes confiants dans l'issue du vote, qui ne devrait être qu'une formalité. La bataille a été gagnée auprès des actionnaires dès lors que les groupes américains Nasdaq OMX et Intercontinental Exchange se sont retirés», a commenté Renaud Murail chez Barclays Bourse.

Seule une majorité simple


(50 % plus une voix) est requise lors de l'assemblée générale de NYSE Euronext pour que ce projet soit adopté. L'offre du groupe allemand court, elle, jusqu'au 13 juillet et nécessite l'accord de 75 % de ses actionnaires.

La nouvelle entité réunirait les places de New York, Francfort, Paris, Lisbonne, Amsterdam et Bruxelles. Elle représenterait le premier opérateur boursier mondial en matière de chiffre d'affaires et de capitalisation boursière, avec une très forte présence dans les produits dérivés (des contrats liés aux taux de change, aux taux d'intérêt, aux matières premières...). Ce rapprochement devrait aussi générer des synergies de coûts de 300 millions d'euros, selon les deux groupes.

Les fiançailles avaient été rendues publiques en février. L'opération a été un temps menacée par une contre-offre hostile des américains Nasdaq OMX et d'IntercontinentalExchange, qui proposaient 11 milliards de dollars — en actions et en numéraire — pour le groupe transatlantique, valorisé environ 9 milliards de dollars par la fusion avec l'allemand. Mais le tandem Nasdaq/ICE a finalement jeté l'éponge en mai, refroidi par l'opposition des autorités américaines de la concurrence.

Pour tenter de convaincre leurs actionnaires respectifs, NYSE Euronext et Deutsche Börse ont annoncé le mois dernier qu'ils comptaient leur verser un dividende spécial représentant au total 620 millions d'euros en cas de succès de l'opération.

La Commission européenne s'annonce désormais comme le principal obstacle potentiel à leur mariage. Le projet risque en effet d'affronter de longues procédures devant les autorités anti-cartels en raison de la formation de positions dominantes, notamment dans les échanges de produits dérivés cotés.

La Commission européenne, gardienne de la concurrence en Europe, a été saisie officiellement la semaine dernière du projet. D'ici le 4 août, elle décidera soit d'autoriser l'opération soit de lancer une enquête approfondie susceptible de durer plusieurs mois.

Cette dernière hypothèse est la plus probable, ont déjà estimé la plupart des parties concernées. Le commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia, avait souligné en mars que l'accord s'avérait «très complexe» et allait très certainement nécessiter un examen «pointu». Le numéro deux de NYSE Euronext, Dominique Cerutti, avait d'ailleurs indiqué en février s'attendre à une telle enquête.

Si le processus aboutissait, le rapprochement pourrait être finalisé dès le quatrième trimestre. La holding serait alors détenue à 60 % par Deutsche Börse et à 40 % par NYSE Euronext et aurait deux sièges à New York et Francfort, abandonnant son quartier général parisien.