Jean Coutu veut diversifier ses activités au Québec

Longueuil — Alors qu'il commence à se départir de sa participation dans le géant américain Rite Aid, le Groupe Jean Coutu entend élargir ses efforts de diversification au Québec.

L'entreprise de Longueuil a annoncé hier son intention de vendre 25 millions de ses actions de Rite Aid, soit environ 10,5% des intérêts qu'elle détient dans la chaîne de pharmacies basée en Pennsylvanie. Jean Coutu avait obtenu ces titres au moment de la cession de ses pharmacies américaines à Rite Aid, en 2006.

Au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers, le président et chef de la direction du détaillant, François Jean Coutu, a expliqué que le produit de la vente des titres de Rite Aid, soit environ 30 millions $US, allait servir à financer son propre programme de rachat d'actions.

En vertu de l'entente conclue entre les deux entreprises en 2006, Jean Coutu aurait pu liquider deux fois plus d'actions, soit 52 millions, a précisé le dirigeant. Pour l'instant, a-t-il ajouté, Jean Coutu compte demeurer le principal actionnaire de Rite Aid et continuer de l'appuyer dans la mise en oeuvre de son plan de redressement.

À l'occasion de l'assemblée annuelle des actionnaires de l'entreprise québécoise, son fondateur, Jean Coutu, a par ailleurs reconnu que plusieurs investisseurs s'interrogeaient sur les perspectives de croissance du groupe. Dans l'espoir de calmer les appréhensions, M. Coutu a fait état de nouveaux projets de diversification. «Nous avons formé une équipe qui, depuis six mois, cherche des possibilités de partenariats ou d'acquisitions dans des domaines connexes à la pharmacie et orientés pour répondre au vieillissement de la population», a-t-il déclaré.

Le détaillant veut ainsi répéter le succès de l'acquisition du fabricant de médicaments génériques Pro Doc, dont il tire aujourd'hui 4,5 % de ses revenus, mais 18 % de son bénéfice d'exploitation.

Jean Coutu s'intéresse plus particulièrement au secteur des orthèses, des prothèses et des produits d'aide à la mobilité, comme les triporteurs électriques. «D'ici peut-être fort peu de temps, il va y avoir au moins des essais de participation, d'acquisition ou de partenariat [dans le domaine de la fabrication de produits orthopédiques]», a indiqué celui qui est toujours président du conseil d'administration de l'entreprise.

Le grand rival de Jean Coutu, Shoppers Drug Mart/Pharmaprix, exploite déjà le plus important réseau de magasins spécialisés dans ce secteur au Canada. On compte une cinquantaine de Shoppers Home Health Care au pays, mais aucun au Québec.

Jean Coutu n'a pas abandonné son ambition de percer au Canada anglais par la voie des acquisitions. À court terme, toutefois, le détaillant veut prendre la pleine mesure des effets de la récente baisse des prix des génériques décrétée par l'Ontario et le Québec. En dépit de l'impact négatif de cette réforme sur Jean Coutu, l'entreprise a réussi à faire croître ses profits nets à son premier trimestre.

Au cours de la période qui a pris fin le 28 mai, le bénéfice net a atteint 49,9 millions (22 ¢ par action), en hausse de 14 % par rapport aux 43,9 millions (19 ¢ par action) dégagés un an auparavant. Les revenus se sont chiffrés à 660,6 millions, en hausse de 2,2 %.