Résultats financiers - Le Fonds de solidarité a regagné ce qu'il avait perdu

Le président-directeur général du Fonds de solidarité, Yvon Bolduc (à droite), et Michel Arsenault, président du conseil et président de la FTQ.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le président-directeur général du Fonds de solidarité, Yvon Bolduc (à droite), et Michel Arsenault, président du conseil et président de la FTQ.

Le Fonds de solidarité FTQ est revenu au point où il était avant d'être frappé par la crise, et l'a même dépassé en enregistrant un rendement de 8,8 % cette année qui a porté la valeur de son action à un nouveau sommet de 25,92 $.

Le précédent record de 25,40 $ l'action avait été atteint à la fin de l'automne 2007, quelques mois avant l'éclatement de la bulle immobilière américaine, l'effondrement des subprimes et la débandade du secteur financier. Un an plus tard, l'action du Fonds avait perdu 4,20 $, à 21,20 $. La remontée a par la suite été graduelle portant la valeur de l'action à la fin de l'exercice précédent à 23,84 $.

Réduit d'un coup de 7,4 milliards à 6,2 milliards durant cette même année noire, l'actif net a suivi la même trajectoire. Il a continué à croître cette année, passant de 7,3 milliards, il y a un an, à 7,7 milliards, au 30 novembre, puis à 8,2 milliards au 31 mai de cette année, un autre record.

Cette hausse de l'actif tient entre autres causes à une campagne de souscription dont les recettes ont frôlé les 700 millions cette année et a porté le nombre total d'actionnaires à un nouveau sommet de 583 235, soit 27 811 de plus qu'il y a un an. L'augmentation de la taille du portefeuille a sans doute aidé à faire grossir le montant du bénéfice net, qui est passé cette année de 600 à 650 millions, un quatrième record.

Le président-directeur général du Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Yvon Bolduc, cachait mal hier, en entretien téléphonique au Devoir, son sentiment de satisfaction. «On a eu des périodes pas toujours faciles, mais c'est dans l'adversité qu'on voit la qualité des équipes. Nous, nous en avons profité pour mettre en place une politique d'investissement et de placement et nous avons gardé le cap. Je crois qu'on en récolte en bonne partie aujourd'hui les fruits.»

Attention, choc démographique devant

Le portefeuille du Fonds est constitué à environ 60 % d'investissements dans des entreprises québécoises et à 40 % de placements sur les grands marchés boursiers et autres. Le volet investissements a obtenu cette année un rendement de 8,9 % contre 12,3 % pour le volet placements. Le ratio de charges totales d'exploitation s'est élevé à 1,5 %.

Profitant de la fin du rebond des marchés boursiers, le rendement du Fonds a été plus élevé au premier semestre (5 %) que lors du second (3,6 %). «On s'attend à ce que les rendements soient beaucoup plus modestes au cours des prochains mois», a admis Yvon Bolduc.

Un autre défi important sera de composer avec l'arrivée à l'âge de la retraite d'un nombre croissant d'actionnaires et l'obligation pour le Fonds de leur racheter leurs actions. «On a prévu le coup. Il faut aussi rajeunir notre actionnariat, et c'est bien engagé», a-t-il observé. On se serait satisfait cette année de nouvelles souscriptions de 660 millions comme l'an dernier, mais l'on a obtenu 698 millions.

Le Fonds continue de se comparer avantageusement avec ce qui se fait dans le secteur financier même si les fonds communs équilibrés canadiens ont affiché un rendement moyen de 11,4 % cette année, a-t-il souligné. Lorsque l'on se donne un peu de perspective et que l'on tient compte des déductions fiscales de 30 % accordées par les gouvernements aux Fonds, on arrive pour les dix dernières années à un taux de rendement composé de 9,5 % par année, contre une moyenne de 4,4 % pour les fonds communs équilibrés, de 6 % à la Bourse de Toronto et de seulement 1 % pour l'indice S&P 500 de la Bourse de New York.

La Bourse de Montréal demain?

Parlant de Bourses, le Fonds préférait hier se faire discret sur sa participation au consortium Maple que la plupart des grandes institutions financières canadiennes et québécoises ont récemment formé pour présenter une offre d'achat du Groupe TMX. On refusait même de donner la moindre indication sur l'importance relative de sa participation financière alors que la circulaire qui accompagnait le mois dernier l'offre d'achat officielle du Groupe Maple précisait que cette participation du Fonds, comme celle du Mouvement Desjardins, pourrait atteindre 75 millions, comparativement à 192 millions pour la Caisse de dépôt et placement du Québec ou encore 149 millions pour les banques CIBC, Scotia, Nationale et TD, pour une offre totale qui s'élevait alors à 3,7 milliards.

L'objectif, s'est contenté de répéter hier Yvon Bolduc, est de garder à Montréal une expertise précieuse en matière notamment de produits dérivés. «Je suis convaincu qu'on va y arriver. On parle d'emplois de très haut calibre, très bien payés, et très importants pour l'économie québécoise.» Qu'arrivera-t-il lorsque le processus de consolidation du secteur au niveau mondial sera encore plus avancé et que de nouveaux acheteurs plus gros viendront frapper à la porte du Groupe Maple? «Qu'est-ce qui va se produire dans 3, 4, ou 5 ans? On ne peut pas le prédire. Ça sera à déterminer à ce moment-là.»

Le Fonds prévoyait investir environ 425 millions dans l'économie québécoise cette année, a expliqué son p.-d.g. d'autre part. Le total s'est plutôt élevé à 733 millions dans 161 entreprises. Le Fonds est maintenant présent dans 2129 entreprises et estime avoir créé, maintenu ou sauvegardé 161 000 emplois au Québec, notamment dans le secteur du bois et de la forêt, où il a investi 250 millions au cours des cinq dernières années, mais aussi dans celui des sciences de la vie, du capital de risque, de la culture ou encore de la relève entrepreneuriale.
1 commentaire
  • Gaston Bourdages - Abonné 5 juillet 2011 05 h 49

    Bravos ! Chapeaux et mercis à toutes celles et tous ceux...

    ...derrière ces succès. Il y a celles et ceux qui font confiance : les investisseurs(euses). Il y a celles et ceux qui reçoivent cette confiance et finalement, il y a celles et ceux qui reçoivent les fruits de ces deux premières confiances épousées : les «emprunteurs(euses)» Et qu'un pourcentage majoritaire (60%) de cette confiance se traduise en gestes concrets Québécois....chapeau encore !
    À tout ce Beau Monde, je me répète : chapeau et mercis de contribuer ainsi à un enrichissement que j'espère le plus collectif possible. Moi, à titre de simple citoyen consommateur, je porte cette responsabilité de me procurer des produits fabriqués par ces entreprises québécoises, «récipiendaires» de ces tableaux de confiance exprimés plus haut. Où puis-je me procurer une liste des dites entreprises pour que je puisse matérialiser mon nationalisme économique québécois ?
    Je pose cette question.
    Mes respects et mille mercis à vous Monsieur Desrosiers pour ce nourrissant reportage.
    Gaston Bourdages
    Simple citoyen - écrivain en devenir
    Saint-Valérien de Rimouski
    www.unpublic.gastonbourdages.com