Batteries pour automobiles électriques - Premier pas vers la commercialisation à grande échelle d'un composé d'Hydro

Jouant la carte de la discrétion, Hydro-Québec et les autres propriétaires des brevets sur un composé entrant dans la fabrication de batteries pour automobile électrique ont jeté les bases, hier, d'une commercialisation internationale. Les premiers contrats de sous-licence ont été conclus avec quatre entreprises. L'une d'elles, de Taïwan, s'est engagée à construire une usine de production au Québec.

Dans un communiqué diffusé hier sans fanfare, Hydro-Québec, l'Université de Montréal, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de France, et Süd-Chemie, de Munich, ont annoncé un accord sur l'octroi de sous-licences pour fabriquer le phosphate de métal lithium, incluant le phosphate de fer lithium (LMP/LFP) ainsi que les matériaux entrant dans la fabrication des batteries. L'accord porte sur la mise en place des fondements visant à faciliter la pénétration du LFP et de l'enrobage carbone sur le marché. Elle englobe la commercialisation internationale à grande échelle du composé «susceptible de révolutionner les batteries des véhicules hybrides ou électriques, ainsi que les réseaux électriques intelligents — ou smart grids», retrouve-ton dans un texte du quotidien français Le Monde.

«Le LMP/LFP est un matériau de cathode innovant, performant et sûr, utilisé dans les batteries rechargeables. Ces batteries ont littéralement changé le monde. Téléphones portables, ordinateurs portables et véhicules électriques et hybrides n'existeraient pas sans cette technologie. La technologie LMP/LFP est utile dans de nombreuses applications de ce type, notamment les batteries des véhicules électriques et hybrides ainsi que le stockage stationnaire de l'énergie des réseaux énergétiques intelligents», peut-on lire dans le communiqué.

L'allemande Süd-Chemie était auparavant le fournisseur licencié exclusif de LMP/LFP, sans toutefois présenter les capacités d'une fabrication à grande échelle. Elle avait annoncé en avril dernier l'inauguration d'une usine et la création d'une cinquantaine d'emplois à Candiac dans le cadre d'un investissement de 78 millions.

Elle a convenu hier avec les trois propriétaires des brevets (Hydro-Québec, l'Université de Montréal et le CNRS) de faciliter la diffusion de cette technologie (le phosphate de fer lithié, ou LiFePO4) par l'intermédiaire d'une filiale à part entière, qui a pour but de concéder des sous-licences «à des fabricants de LMP/LFP capables de répondre à la demande du marché avec des produits de qualité».

Quatre entreprises asiatiques, deux du Japon et deux de Taïwan, ont conclu les premiers contrats de sous-licence. L'une des deux taïwanaises, Advanced Lithium Electrochemistry (Cayman), s'est engagée à construire une usine de production de capacité industrielle au Québec. Les détails n'ont pas été précisés quant aux retombées de cette usine, ni sur les redevances d'exploitation exigées.

On présente le phosphate de fer lithium comme un nouveau matériau de cathode. «Grâce à sa performance élevée et à son profil de sûreté inégalé, il offre un important potentiel d'utilisation dans le cadre des batteries lithium-ion de la prochaine génération nécessaires pour la fabrication des transmissions hybrides et électriques de l'industrie automobile et pour le stockage stationnaire de l'énergie, par exemple solaire.»

Ce matériau a été découvert à l'Université du Texas en 1995, et Hydro-Québec en a obtenu la licence. «Lorsque le matériau LFP est enrobé d'une fine couche de carbone, sa conductivité est améliorée, offrant au LFP des performances uniques. Cette couche doit être suffisamment fine pour permettre au lithium de la traverser. Ces inventions ont été protégées par le biais des brevets d'enrobage carbone LFP et des brevets de procédé d'enrobage carbone LFP dont Hydro-Québec, l'Université de Montréal, et le CNRS sont copropriétaires», explique le communiqué.
2 commentaires
  • jpz - Abonné 5 juillet 2011 12 h 59

    Expertise québécoise

    Il faut espérer que les royautés équitables seront payés aux innovateurs, à l'IREQ, à H-Q pour toutes ces innovations. De plus que les batteries qui serviront dans le nord est de l'Amérique devraient être faites ici au Québec au profits des québécois qui ont investi depuis des décennies dans la R

  • Turbine - Abonné 5 juillet 2011 13 h 12

    Bravo!

    Ces bonnes nouvelles devraient faire les gros titres!