FMI - Le défi d'une d.g.

Christine Lagarde<br />
Photo: Agence Reuters Régis Duvigneau Christine Lagarde

Ce n'est une surprise pour personne. Depuis que la Chine et les États-Unis ont annoncé leur soutien à Christine Lagarde, le 28 juin, sa nomination ne laissait plus de place au doute. Mercredi 29 juin, la presse anglophone ne s'étonnait donc pas.

Elle saluait l'entrée d'une femme à la tête de l'une des institutions économiques les plus puissantes du monde. C'est l'axe que plusieurs quotidiens ou sites d'information, comme le Boston Globe ou Slate Magazine, ont choisi pour titrer leurs articles. Pour le Washington Post, qui laissait la parole à Nancy Birdsall, présidente du Centre pour le développement global, c'est d'ailleurs «une aubaine pour l'image de la France et pour l'Europe que leur meilleure candidate soit une femme» après l'affaire Strauss-Kahn.

Peu de journaux ont critiqué réellement la nomination de l'ancienne ministre des Finances. On évoquait ses qualités diplomatiques. Le New York Times la considère comme «une vétérante de la négociation politique capable de défendre ses convictions même quand cela l'oppose au président Nicolas Sarkozy». Le quotidien ajoutait que sa relation privilégiée avec la chancelière allemande, Angela Merkel, devrait permettre aux deux femmes de «s'accorder sur les décisions politiques majeures à déployer pour gérer la crise européenne».

Situation critique

Si le Washington Post, un des rares journaux étrangers à lui consacrer sa une, a remarqué «son désarmant sens de l'humour», il n'oublie pas de rappeler les défis auxquels la future présidente du FMI va faire face dès le début de son mandat, le 5 juillet. «Elle va devoir immédiatement gérer les négociations de crise avec la Grèce, s'occuper de la demande des pays en voie de développement qui réclament plus de pouvoir au sein de l'agence et faire face aux répercussions internationales de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn.» La presse s'accordait sur ce point, la situation est réellement critique. La voilà, selon le Wall Street Journal, «catapultée au milieu d'une crise européenne profonde qui menace la globalité des marchés financiers».

«Il n'y a aucune tâche évidente qui l'attend là-bas», rappelait The Economist, qui insistait également sur l'impartialité dont l'ancienne ministre devra faire preuve, «en tant qu'Européenne, Mme Lagarde va être soumise à un examen constant et minutieux, elle va devoir prouver son indépendance vis-à-vis des intérêts français et européens». Si, de façon générale, la presse n'est pas surprise que le candidat mexicain n'ait pas gagné la faveur du conseil et que pour la onzième fois consécutive la tête du FMI revienne à un Européen, tous insistent sur ce point, l'impartialité de Mme Lagarde reste à prouver. En effet, comme le rappelait le Financial Times: «Les banques françaises sont plus impliquées en Grèce que n'importe quelle autre institution européenne.»

The Guardian, et plusieurs autres titres s'intéressaient également à Nicolas Sarkozy. Pour le quotidien britannique, «le départ de Christine Lagarde le laisse mal à l'aise par rapport à ses promesses d'une forte présence féminine au sein du gouvernement». La proximité du président avec Mme Lagarde pourrait le gêner, en effet «le fait que Dominique Strauss-Kahn était l'un de ses opposants permettait à Nicolas Sarkozy de garder ses distances face aux décisions impopulaires du FMI».

Enfin, le Wall Street Journal et le New York Times n'oubliaient pas d'émettre des réserves en rappelant que la présidente du FMI doit être jugée en France le 8 juillet dans le cadre de l'affaire Tapie.
1 commentaire
  • Michelle Bergeron - Inscrit 4 juillet 2011 22 h 36

    Une farce ces institutions

    Autant le secrétaire de l'ONU avec le piètre mandat est encore là tout comme encore la France au FMI. Dire que l'on parle d'indépendance quand dans les faits ce sont les français qui ont élus madame tout comme l'UE chacun tire la couverture de son côté. Un surplus de dépense à nos frais pour suivre la politique et faire des représentations à l'international. Quand admetterons nous l'échec de ces institutions? La démocratie fragile recule et l'endettement des pays sont des catastrophes qui tôt ou tard nous pend au bout du nez.