Garantie de prêt du gouvernement du Québec - Un délai accordé à Mine Jeffrey

Le gouvernement Charest a beau avoir promis à Mine Jeffrey une garantie de prêt de 58 millions, il semblerait que les promoteurs du projet aient certaines difficultés à compléter le financement qui leur permettra de relancer l'extraction d'amiante à Asbestos. Québec vient donc de leur accorder un délai supplémentaire.

Le dossier devait théoriquement être ficelé au plus tard le 1er juillet, soit hier, les promoteurs s'engageant à réunir 25 millions de dollars en financement. Ils pouvaient ainsi avoir accès à la garantie de prêt du gouvernement. Mais le consortium mené par Balcorp n'a pas été en mesure de respecter cet échéancier. Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac, a donc décidé d'accorder plus de temps aux promoteurs de la relance de Mine Jeffrey. Les modalités entourant ce délai devraient être précisées dans les prochains jours.

Selon le député libéral de Richmond, Yvon Vallières, tout devrait être complété sous peu. «On veut permettre au président de Mine Jeffrey, Bernard Coulombe, et aux acheteurs de finaliser le travail amorcé pour que les activités minières puissent continuer à Asbestos», a-t-il dit pour expliquer la prolongation accordée par le gouvernement. Il n'a pas été possible hier, jour de la fête du Canada, d'obtenir de réaction de la part de M. Coulombe ou du porte-parole de Balcorp.

Des investisseurs chinois ont démontré leur intérêt à investir dans la relance de la mine. Il s'agit de l'entreprise Centree, qui disait vouloir investir 40 millions dans le projet de développement d'une mine souterraine en 2009, avant de se désister. Chose certaine, M. Coulombe a déjà assuré qu'il y aurait des acheteurs pour le chrysotile made in Québec. Les clients pour la fibre d'amiante se situent dans une vingtaine de pays, dont l'Inde, le Pakistan, la Chine, l'Indonésie et le Mexique. Des pays où les règles de protection des travailleurs n'ont rien à voir avec ce qui existe au Canada.

En donnant son appui à Mine Jeffrey, le gouvernement Charest s'était toutefois dit certain que ce minerai cancérigène serait utilisé de façon sécuritaire. Une firme indépendante devra par exemple mener, chaque année, une inspection dont les frais seront à la charge de l'entreprise.

Ottawa a également donné son appui à Mine Jeffrey. Récemment, le Canada a d'ailleurs été le seul pays à refuser d'inclure l'amiante chrysotile sur la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam, un traité onusien datant de 2004.

Tous les directeurs québécois de la santé publique craignent les effets de la relance de l'exploitation de la mine Jeffrey. Plusieurs organismes du monde de la santé sont du même avis, dont la Société canadienne du cancer.

Balcorp Limited est dirigée par Baljit S. Chadha. Cet homme d'affaires a récolté 19 000 $ pour le Parti libéral du Québec, en 2009, lors d'un cocktail de financement à sa résidence de Westmount où Jean Charest était l'invité d'honneur.

M. Chadha est actuellement inscrit au registre des lobbyistes pour un mandat en lien avec la demande de garantie de prêt de 58 millions.

La relance de Mine Jeffrey devrait créer quelque 425 emplois à temps plein à Asbestos.
8 commentaires
  • ice berg - Inscrit 2 juillet 2011 06 h 37

    58 millions divisé par 425 emplois?

    Je trouve ça ahurissant, chaque fois que j'apprends que le gouvernement se sert de notre argent pour soit disant acheter des emplois??

    Pour seulement 425 emplois, devoir utiliser 58 millions de dollars de l'argent des contribuables, c'est une énorme blague! Ça fait cher la job?

    Ça n'est pas sérieux, d'autant plus que dans le monde entier, que tous s'entendent pour dire que l'amiante tue.

    Nos gouvernements ne sont pas fiables, c'est de l'imposture purement et simplement.

  • BROMONTOIS - Inscrit 2 juillet 2011 11 h 26

    LE PRIVÉ SERAIT-IL PLUS INTELLIGEANT QUE LE GOUVERNEMENT .

    Malgré la garantie de prêt de 58 millions du gouvernement , comment ce fait-il que l'on peine à trouver 25 millions au privé ?
    À iceberg ; après tout ça représente que 136.470,58 $ par emploi .
    Qu'environ un peu plus de 25 années à payer son impôt provincial si la mine est toujours fonctionnelle .

  • Sanzalure - Inscrit 2 juillet 2011 14 h 13

    L'amiante tue

    C'est indéniable, incontournable et indéfendable !

    Serge Grenier

  • Franfeluche - Abonné 2 juillet 2011 21 h 40

    Comme d'autres produits

    Comme d'autres produits, l'amiante utilisée d'une façon non-sécuritaire peut tuer.
    Or, elle peut être utilisée d'une façon sécuritaire comme c'est le cas à la mine Jeffrey à Asbestos. Depuis 1970, aucun cas nouveau de cancer relié à l'amiante a été diagnostiqué parmi la population de cette ville y compris ceux qui travaillent à la mine. Et pourtant, j'entends souvent dire qu'il est impossible de l'utiliser d'une façon sécuritaire.

  • JoDu - Inscrite 3 juillet 2011 10 h 39

    Précisions

    Précisons d'abord qu'il s'agit d'un prêt, et non d'un don. L'argument de iceberg n'a aucune valeur à part celle de choquer.

    Sachez que les lobbies européens qui voudraient bannir l'amiante ne cherchent qu'à récupérer ce marché pour vendre leur produits de substitution, qui ont de la difficulté à se tailler un place parce qu'ils sont trop chers. Dans cette optique, le retrait du Canada n'aurait pour effet que de délocaliser la production ailleurs dans le monde, en Russie, au Kazakhstan, au Brésil. En aucun cas la production totale ne diminuerait.

    La question qui se pose est donc la suivante : Le Canada est-il plus susceptible de garantir le respect des normes de sécurité et d'appuyer ses partenaires dans cette voie que les autres pays producteurs ? Si oui, et bien ce qui importe est de faire pression pour une véritable stratégie de responsabilité sociale de l'entreprise : pas penser solution magique.

    Comme le mentionne Franfreluche, « aucun cas d'amiantose chez les travailleurs n'a été signalé depuis 1975, année de l'application de nouvelles normes de salubrité ». Là-dessus il faut être clair : nous n'utilisons plus l'amiante comme nous l'avons utilisée auparavant.

    D'ailleurs, méfiez-vous des statistiques selon lesquelles des centaines d'indiens meurent chaque année d'amiantose : si on omet de mentionner que les besoins en amiante de l’Inde sont tels qu’environ un cinquième des 100 000 tonnes utilisées chaque année est extrait "illégalement" par des mineurs artisanaux du Rajasthan ---à la pioche vous vous imaginez! --- et bien je ne doute pas une seconde que les statistiques soient alarmantes.

    Et l'hypocrisie ne s'arrête pas là: le Mexique, l'Inde et le Pakistan n'importent pas l'amiante pour leur propre consommation. Non: ils transforment la matière et la revendent en Europe et aux États-Unis, qui sous-traitent simplement la gestion de cette matière controversée. Alors les discours moralisateurs : très peu po