Après l'échec de la tentative de mariage avec la Bourse de Londres - Groupe TMX est ouvert à d'autres propositions

Thomas Kloet: «Nous allons redoubler d’effort pour bâtir sur ces fondations extrêmement solides.»<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Lucas Jackson Thomas Kloet: «Nous allons redoubler d’effort pour bâtir sur ces fondations extrêmement solides.»

Toronto — Le p.-d.g. du groupe TMX, Thomas Kloet, a soutenu jeudi que l'échec de la fusion avec le London Stock Exchange Group (LSEG) n'empêcherait pas les bourses canadiennes de prendre de l'expansion sur la scène internationale.

En marge de l'assemblée des actionnaires, à Toronto, M. Kloet a indiqué que la société demeurait ouverte à toutes les possibilités, incluant une fusion. «Nous ne sommes pas en pourparlers actuellement, mais la réalité c'est que personne ne sait ce qui va se produire», a-t-il déclaré.

Il a souligné qu'au cours des derniers mois, le TMX s'était concentré sur le LSEG envers lequel il s'était engagé. «Nous n'avons donc pas flirté avec d'autres», a-t-il assuré. Le financier estime toutefois que l'entreprise constitue un partenaire de choix, susceptible de recevoir d'autres offres.

Pour le moment, l'opérateur des bourses de Toronto et de Montréal doit toutefois se pencher sur l'offre non sollicitée du consortium Maple, qui regroupe 13 géants du monde de la finance canadienne, dont la Banque Nationale, le Mouvement Desjardins et la Caisse de dépôt et placement du Québec. Cette organisation propose d'acquérir jusqu'à 80 % des actions de TMX pour 50 $ chacune.

M. Kloet a prévenu que le conseil d'administration du TMX n'avaliserait cette proposition que si elle contribuait à la croissance de l'entreprise et à l'épanouissement des marchés canadiens. Selon lui, le TMX pourrait très bien continuer à faire cavalier seul, même si la tendance est à la consolidation dans le secteur des marchés boursiers.

Une fusion avec le LSEG aurait sans doute permis à la Bourse de Toronto d'attirer plus de compagnies étrangères, mais, même sans son partenaire britannique, l'institution ne sera pas laissée pour compte, a-t-il fait valoir. Il a souligné que le TMX comptait déjà une centaine de compagnies chinoises et qu'il avait la réputation d'être un parquet de premier rang pour les titres miniers et ceux du secteur de l'énergie.

«Nous allons redoubler d'effort pour bâtir sur ces fondations extrêmement solides. Nous exploitons des marques qui sont connues dans le monde entier et des entreprises qui sont rentables et en pleine croissance», a-t-il insisté.

En renonçant à unir sa destinée à celle du LSEG, le groupe TMX a accepté de payer des frais d'annulation de 10 millions. Un autre paiement de 29 millions sera exigible si la proposition de Maple est acceptée d'ici un an.

Le pari du consortium Maple n'est cependant pas gagné d'avance. Plusieurs critiques, dont Thomas Kloet, estiment en effet que le regroupement du TMX avec le parquet alternatif Alpha et la chambre de compensation CDS — qui appartiennent aux banques membres du consortium — créerait un quasi-monopole dans le domaine des transactions boursières au pays.

Les actionnaires du TMX ont jusqu'au 8 août pour remettre leurs actions à Maple. S'ils sont suffisamment nombreux à le faire, le Bureau de la concurrence se penchera vraisemblablement sur la transaction.

Les autorités des valeurs mobilières du Québec, de l'Ontario, de l'Alberta, de la Colombie-Britannique et de l'Alberta auront aussi leur mot à dire.

Le Groupe TMX possède notamment les Bourses de Toronto et de Montréal de même que la Bourse de croissance TSX.

Jeudi, son action a clôturé à 43,80 $, en baisse de 40 ¢ ou 0,9 %.