Kyoto: Jean Chrétien rassure l'industrie du pétrole

Calgary - Le premier ministre Jean Chrétien s'est engagé cette semaine devant l'industrie canadienne du pétrole à limiter le fardeau financier du protocole de Kyoto sur les grands projets, tels que les projets de sables bitumineux.

Dans une lettre parvenue mercredi au principal groupe de pression de l'industrie, Jean Chrétien a détaillé huit points visant à assurer que la mise en oeuvre du protocole de réduction des émissions de gaz à effet de serre n'ajoutera pas d'incertitude aux projets de développement de plusieurs milliards de dollars.

Les plafonds d'émission

L'une des promesses-clés soutient que les plafonds d'émission de gaz à effet de serre des nouveaux projets seront fixés en se basant sur les projets existants utilisant une technologie similaire.

Ottawa bloquera également les plafonds d'émission pour les nouvelles usines pour une période pouvant aller jusqu'à 10 ans à partir de leur première production pour assurer plus de certitude économique.

Le premier ministre a également offert son soutien à la recherche et au développement d'une technologie antipolluante et des réductions fiscales sur les coûts de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La lettre adressée à l'Association canadienne des producteurs de pétrole s'ajoute aux initiatives prises par Ottawa l'an dernier pour calmer la colère de l'industrie par rapport aux coûts de mise en oeuvre du protocole de Kyoto.

Les pétrolières, particulièrement celles qui planifient investir plusieurs milliards de dollars dans des projets de sables bitumineux, se plaignaient que l'incertitude sur les coûts liés à Kyoto pourrait les forcer à retarder certains investissements.

Les initiatives proposées incluent la fixation d'une limite sur la réduction de carbone demandée à l'industrie.

Le Canada — premier exportateur d'énergie aux États-Unis — s'est engagé à réduire d'ici 2012 les émissions de gaz à effets de serre de 6 % sous les niveaux de 1990.

Petro-Canada a moins de doutes

L'un des grands producteurs du pays, Petro-Canada, a bien accueilli la dernière initiative hier, disant qu'elle enlevait un doute persistant sur ses plans de développement de sables bitumineux de 5,8 milliards de dollars.

La pétrolière a mis ses projets de production et de raffinage en attente ce printemps, blâmant la hausse des coûts de la main-d'oeuvre et des matériaux. Elle révise actuellement ses plans.

«De toute évidence, ceci n'enlève pas les obstacles, mais lorsque nous aurons complété ce travail, au moins nous n'aurons pas les mêmes inquiétudes quant à la mise en oeuvre du protocole de Kyoto», a indiqué le porte-parole de la compagnie, Rob Andras.

Les autres compagnies, telles que Nexen et Canadian Natural Resources, ont précisé qu'elles cherchaient plus de clarifications sur l'impact à long terme du protocole de Kyoto.

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