Achat du Groupe TMX - Londres offre un dividende de 660 millions en prime

Les grands patrons de la Bourse de Toronto et de celle de Londres, Thomas Kloet et Xavier Rolet.
Photo: Agence Reuters Mark Blinch Les grands patrons de la Bourse de Toronto et de celle de Londres, Thomas Kloet et Xavier Rolet.

La surenchère commence. Pour convaincre les actionnaires du Groupe TMX et de la Bourse de Londres de donner leur bénédiction au contrat de mariage lors du vote crucial prévu le 30 juin, les deux sociétés leur promettent maintenant un dividende spécial de 660 millions.

Les actionnaires du TMX, qui sont également courtisés par le Groupe Maple — un consortium de 13 banques, caisses de retraite et établissements financiers canadiens — recevront ainsi 4 $ par action en argent comptant, comparativement à 84 pence par action pour ceux de Londres. De plus, après la transaction, le dividende aux actionnaires du LTMX — le nom de la future entité — sera au moins égal à ce qu'il est présentement pour les actionnaires du TMX, ont promis les deux sociétés.

Les deux groupes n'ont pas précisé la raison pour laquelle ils jugent bon soudainement de bonifier l'offre faite aux actionnaires, mais l'histoire enseigne que l'opération vise d'abord et avant tout à s'assurer que ceux-ci ne soient pas tentés par les avances du Groupe Maple, formé notamment de la Banque Nationale, de la Banque TD, de l'assureur Manuvie, de la Caisse de dépôt et placement, du Fonds FTQ et du Mouvement Desjardins.

Les actionnaires du TMX se sont d'ailleurs fait dire hier par le conseil d'administration du TMX qu'il a étudié en profondeur la proposition de Maple et qu'il estime toujours que celle-ci n'est «pas supérieure» à celle de Londres.

En gros, Londres offre un échange d'actions qui fluctue en fonction du cours de l'action de la Bourse de Londres. Hier, cela valait donc 3,3 milliards, soit près de 45 $ pour chaque action du TMX. Si l'on ajoute le dividende, l'offre est à un cheveu de 49 $ l'action.

En milieu de soirée, Maple a surenchéri. Sa proposition est maintenant de 50 $ par action pour 80 % des actions en circulation, le reste étant offert en actions de Maple. Le Groupe Maple, selon lequel une union avec Londres serait néfaste pour l'avenir du milieu canadien, évalue son offre à 3,8 milliards.

«L'offre de Maple ne contient aucune nouvelle information au sujet des plans d'affaires et de la stratégie futurs de Maple à l'égard du Groupe TMX, notamment en ce qui a trait à son modèle d'exploitation prévu au pays, aux plans de croissance et d'expansion à l'échelle internationale et à son modèle futur de fixation des prix», a affirmé le TMX dans un communiqué.

Le Groupe TMX affirme par ailleurs que Maple n'en a pas assez dit sur son intention de faire l'acquisition de la plateforme boursière Alpha, mise sur pied par les banques canadiennes et les firmes de courtage. «Ce manque d'information accroît l'incertitude entourant la valeur des actions de Maple, qui représente une partie importante de la contrepartie offerte aux termes de l'offre de Maple.»

Le porte-parole du Groupe Maple, Luc Bertrand, est un ancien président de la Bourse de Montréal. Il était aux commandes lorsque la Bourse de Toronto en a fait l'acquisition pour 1,3 milliard en 2008 pour donner naissance au Groupe TMX. La Bourse de Montréal est spécialisée dans les produits dérivés, c'est-à-dire les options et les contrats à terme.

M. Bertrand a affirmé, dans un document envoyé aux actionnaires du TMX la semaine dernière, que Londres cherche à acquérir le TMX pour combler ses propres faiblesses «en offrant peu, si ce n'est que des réductions de coûts, des promesses et des platitudes pour ce que serait sa filiale canadienne».

À voir en vidéo