Contrats totalisant 35 milliards du gouvernement fédéral - Chantiers Davie sera sur les rangs

Chantiers Davie disputera les contrats fédéraux à trois autres chantiers navals.<br />
Photo: La Presse canadienne (photo) Francis Vachon Chantiers Davie disputera les contrats fédéraux à trois autres chantiers navals.

Québec — Le ministre du Développement économique, de l'Exportation et de l'Innovation, Clément Gignac, a donné l'assurance, hier, que Chantiers Davie sera en mesure de participer à l'appel d'offres lancé par le gouvernement fédéral et portant sur la construction de navires d'une valeur totale de 35 milliards de dollars au cours des 30 prochaines années.

«Ce ne sera pas par charité si Davie est retenue par le fédéral. Ce sera parce qu'on aura une offre de services compétitive», a fait valoir, hier, Clément Gignac. L'échéance de l'appel d'offres lancé dans le cadre de la Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale (SNACN) a été fixée au 7 juillet. Cet appel d'offres doit déterminer quels seront les deux chantiers navals qui se verront confier la construction de 29 grands navires de plus de 1000 tonnes. Outre Davie, trois autres chantiers navals sont en lice: Irving Shipbuilding, à Halifax, Vancouver Shypards et Seaway Marine & Industrial, un constructeur de l'Ontario. Davie possède la plus grande cale sèche au Canada, a rappelé Clément Gignac.

Chantiers Davie, propriété depuis la mi-avril d'un consortium formé par l'italienne Fincantieri et l'américaine DRS Technologies, devait déposer, hier avant minuit, un document auprès du gouvernement fédéral attestant sa solvabilité et sa capacité de mener à bien de tels contrats. Davie, qui s'est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers en février, doit prouver qu'elle a déjà en main un contrat pour la construction d'un navire de 1000 tonnes ou plus. Après l'étape franchie hier, Davie se présentera ce matin en Cour supérieure pour faire approuver son plan de restructuration.

«Quand on parle du plus gros constructeur naval en Italie, qui, d'ailleurs, est detenu par le gouvernement, je ne serais pas trop inquiet [de] la solvabilité financière de Fincantieri», a affirmé le ministre.

«Il est vrai que Chantiers Davie a plutôt mauvaise réputation, non seulement à Québec mais à Ottawa. C'est pour ça que j'ai rencontré le syndicat et que j'ai poussé très fort pour qu'ils revoient leur modèle d'affaires», a signalé Clément Gignac. Il y a dix jours, les membres du Syndicat des travailleurs du chantier Laval de Lévis (CSN), qui représente les quelque 1200 travailleurs de Davie, ont accepté à 93 % un nouveau contrat qui revoit à la baisse certaines conditions de travail et qui vise à accroître la productivité de l'entreprise.

De son côté, le ministre responsable des Affaires internationales canadiennes, Pierre Moreau, s'est réjoui du fait que Steven Blaney, le député de Lévis-Bellechasse, la circonscription où est établi Chantiers Davie, ait fait son entrée au Conseil des ministres à titre de ministre des Anciens Combattants et puisse ainsi y défendre l'offre du constructeur lévisien.

Davie a fait appel à la firme de consultants SECOR pour remplir les exigences du gouvernement fédéral tant sur le plan de la solvabilité que sur celui de la gestion.