Feu vert à la relance de la mine Jeffrey

Le ministre Gignac a donné son accord au projet de Mine Jeffrey.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre Gignac a donné son accord au projet de Mine Jeffrey.

Le gouvernement Charest donne finalement son accord de principe au projet de relance de la mine Jeffrey, malgré les nombreuses critiques émanant du secteur de la santé au sujet des risques que pose l’utilisation de l’amiante chrysotile. Reste maintenant à l’entreprise d’Asbestos à compléter son «montage financier» pour obtenir la garantie de prêt demandée à Québec.

«J’ai fait part au promoteur que le gouvernement a donné aujourd’hui son accord de principe au projet de relance de Mine Jeffrey», a déclaré le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Clément Gignac, par voie de communiqué. «Cependant, celui-ci demeure toujours conditionnel à la finalisation du montage financier. Il s’agit donc d’une étape importante qui est franchie dans la réalisation du projet. Nous espérons que cela aidera le promoteur à compléter son financement.»

Mine Jeffrey a maintenant jusqu’au premier juillet pour compléter son montage financier et le présenter à Québec. Le «groupe d’investisseurs internationaux» réuni par l’entreprise indienne Balcorp — partenaire de Mine Jeffrey dans le projet de relance — réclame une garantie de prêt de 58 millions $ de la part de Québec. Le consortium compte pour sa part investir jusqu’à 25 millions de ses propres fonds dans l’entreprise.

Balcorp Limited est dirigée par Baljit S. Chadha. Cet homme d’affaires a récolté 19 000 $ pour le Parti libéral du Québec, en 2009, lors d’un cocktail de financement à sa résidence de Westmount où Jean Charest était l’invité d’honneur. Un porte-parole du PLQ a d’ailleurs précisé à La Presse canadienne que M. Charest ne se prête qu’exceptionnellement à ce genre d’événement de financement, à plus forte raison lorsqu’ils se produisent dans une résidence privée.

Des investisseurs chinois sont aussi intéressés à investir dans la relance de Mine Jeffrey. Il s’agit du groupe Centree, qui s’était déjà montré intéressé au développement d’une mine souterraine d’amiante en 2009, avant de se désister.

Un nouveau fonds


Par ailleurs, l’accord de principe annoncé hier s’accompagne d’un Fonds de diversification économique de la MRC des Sources, qui sera doté d’une enveloppe de 7,5 millions $. «Comme l’a indiqué la Conférence régionale des élus dans son avis unanime présenté en décembre dernier, le processus de diversification et de reconversion économique de la région doit être accéléré, a souligné le ministre Gignac.

C’est pourquoi nous allons mettre en place ce nouveau fonds, financé à même les revenus générés par la relance de la mine. Toutefois, pour que tout cela devienne possible, le consortium doit compléter son financement. C’est une condition incontournable.»

Le retour de l’exploitation de l’amiante à Asbestos devrait provoquer de vives réactions. Il faut dire que l’amiante a de nombreux détracteurs. Selon la Société canadienne du cancer (SCC), le gouvernement Charest ne doit pas soutenir la réouverture de la mine. L’organisme estime qu’accorder une garantie de prêt à Mine Jeffrey nuirait à la réputation du Canada comme chef de file international en matière de santé publique.

Selon la SCC, la reprise des activités d’extraction et d’exportation de la mine contribuerait à propager l’épidémie de cancers causés par l’amiante, qui font 90 000 morts chaque année à travers le monde.

4 commentaires
  • marie-eve mathieu - Abonnée 13 avril 2011 18 h 12

    vessies ou lanternes?

    C'est affligeant! Je suis désolée pour les travailleurs d'Asbestos (avez-vous compté vos morts, pauvres gens, ceux partis à cause de l'amiantose et ceux atteints de cancer?), cependant cette mine devrait être fermée. On ne devrait pas perdre sa vie à la gagner!
    Mon père est mort d'une maladie de l'amiante et il n'était pas un mineur, mais un professeur. Je ne souhaite semblable destin à personne, mourir noyé, parce que les poumons réagissent en vain à un agresseur microscopique, est insoutenable. Il ne faut pas que cela arrive ni à Asbestos, ni en Inde, ni en Chine. L'Europe refuse l'amiante sur son territoire, nous devrions en faire autant.
    Il faut arrêter de prendre des vessies pour des lanternes, la mort prématurée d'un individu a des coûts et ils ne sont pas seulement économiques. Marie-Ève Mathieu

  • M. Julien - Abonné 13 avril 2011 19 h 13

    L’amateurisme libéral

    Compte tenu de la façon dont le gouvernement libéral a géré jusqu’à maintenant le dossier des gaz de schiste, et plus généralement celui des richesses naturelles, on a toutes les raisons au monde de s’inquiéter pour la suite des choses.

    Nous ne serons jamais assez vigilants avec ce gouvernement qui a jusqu’à maintenant fait preuve d’amateurisme primaire en ces matières.

  • Jos.Guy - Inscrit 13 avril 2011 21 h 05

    Coquetel dînatoire

    "Balcorp Limited est dirigée par Baljit S. Chadha. Cet homme d’affaires a récolté 19 000 $ pour le Parti libéral du Québec, en 2009, lors d’un cocktail de financement à sa résidence de Westmount où Jean Charest était l’invité d’honneur. Un porte-parole du PLQ a d’ailleurs précisé à La Presse canadienne que M. Charest ne se prête qu’exceptionnellement à ce genre d’événement de financement, à plus forte raison lorsqu’ils se produisent dans une résidence privée."

    Mais voyons, comment John James Charest peut-il refuser une si jolie invitation à un coquetel dinatoire?

  • lecomteadecouvert - Inscrit 14 avril 2011 00 h 41

    Un autre retour d'ascenceur

    Où est donc l'opposition? Nous avons besoin d'une enquête sur la collusion et la construction... L'escouade marteau devrait taper sur le clou des libéraux mais n'y compter pas trop. Alors il faut que les chefs des autres partis et les citoyens reprennent où ils avaient laissés avant les fêtes.

    Nous voulons une enquête et des politiciens en prison, rien de moins. Ceux qui ont ouvert des pots-de-vin et des enveloppes brunes purgerons le sixième de leur peine, comme Lacroix.