Mine Jeffrey pourrait être relancée sans l'appui de Québec

Tandis que Mine Jeffrey attend toujours de savoir si Québec lui accordera finalement la garantie de prêt de 58 millions qui permettrait de relancer l'extraction d'amiante à Asbestos, l'entreprise chercherait à compléter son financement auprès de joueurs du secteur privé. Une solution qui permettrait peut-être la reprise des activités sans l'appui financier du gouvernement Charest.

Des investisseurs chinois se seraient d'ailleurs montrés intéressés, selon des informations qui circulent depuis quelques jours et qui ont été transmises au Devoir. Il pourrait s'agir de l'entreprise Centree, qui disait vouloir investir 40 millions dans le projet de développement d'une mine souterraine en 2009, avant de se désister. Les dirigeants avaient alors dit qu'ils souhaitaient concentrer leurs activités en territoire chinois, du moins pour quelques mois.

Si cette option se concrétisait, les investisseurs chinois pourraient se joindre au groupe réuni par l'entreprise Balcorp. Le consortium a déjà annoncé son intention d'investir jusqu'à 25 millions de ses propres fonds dans Mine Jeffrey. Balcorp Limited est dirigée par Baljit S. Chadha. Cet homme d'affaires a récolté 19 000 $ pour le Parti libéral du Québec en 2009, lors d'un cocktail de financement à sa résidence de Westmount où Jean Charest était l'invité d'honneur.

Au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, on a confirmé hier que Mine Jeffrey cherchait à convaincre des joueurs du secteur privé de participer à la relance des activités. «On sait qu'ils cherchent à compléter leur financement avec des investisseurs étrangers. Mais je ne peux pas conjecturer sur l'origine de ces investisseurs», a indiqué l'attachée de presse du ministre Clément Gignac, Jolianne Pronovost. «Nous, de notre côté, on a toujours la demande de garantie de prêt», a-t-elle ajouté. Et le montage financier du projet n'est pas encore complété, selon le bureau du ministre Gignac.

Même si le gouvernement n'a toujours pas décidé s'il accordera la garantie de prêt réclamée par Mine Jeffrey, le président de l'entreprise, Bernard Coulombe, a indiqué récemment que certains travaux seraient menés sur le site dans les mois à venir. Il souhaiterait ainsi être en mesure de commencer les travaux à l'intérieur de la mine souterraine à l'automne prochain.

Des employés seraient déjà à l'oeuvre dans certaines galeries où on doit retirer de l'eau. Même chose dans le fond de la mine à ciel ouvert. D'ici le mois de mai, on pourrait aussi commencer l'excavation de 3000 pieds supplémentaires de galeries. Déjà 30 000 pieds avaient été excavés avant la mise en veilleuse de la section souterraine de la mine. «On espère être en pleine activité avec notre mine souterraine au printemps 2012, avec environ 500 emplois permanents», a dit récemment M. Coulombe.

Il n'a toutefois pas été possible hier d'obtenir une confirmation des informations qui circulent au sujet de la possible implication d'un groupe d'investisseurs chinois. Au bureau de Bernard Coulombe, on a indiqué que ce dernier se trouvait actuellement à l'extérieur du pays.