Gaz de schiste: l’industrie se pliera aux recommandations du BAPE

Lucien Bouchard, en février dernier.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Lucien Bouchard, en février dernier.

L’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), par la voix de son nouveau porte-parole, l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, a annoncé aujourd'hui que ses membres se plieraient aux recommandations du BAPE sur le gaz de schiste. «Avec l’ensemble des Québécois, ils considèrent en effet que le développement des ressources gazières ne se réalisera qu’à la condition de passer le test de l’intérêt public», a convenu l’ancien premier ministre du Québec, au nom des membres de l’association.

Me Bouchard s’est adressé aux médias, entouré de Jim Fraser, de Talisman Energy, et de Jean-Yves Lavoie, président-cofondateur et chef de la direction de Junex, deux piliers de l’industrie du gaz de shale au Québec.

«Le gouvernement donne le temps à la tenue d’une étude rigoureuse et d’un débat éclairé sur les décisions collectives à prendre. Le fait est qu’il y a une situation; nous la reconnaissons tous comme devant être redressée. Et ce que nous regardons maintenant, c’est l’avenir. Nous sommes maintenant en présence d’une possibilité de rectifier tout cela, de calmer les appréhensions qui, souvent, sont légitimes et de le faire par une référence à des données, à des faits, à la science et à une discussion calme et pondérée», a affirmé l’ancien premier ministre du Québec.

Le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a été dévoilé il y a une semaine, mardi dernier. Il recommande principalement la tenue d’une étude environnementale stratégique, afin de mieux mesurer les répercussions de l’exploration et de l’exploitation du gaz de shale et d’élaborer les connaissances scientifiques dans ce domaine. Il interdit tout nouveau fractionnement hydraulique, sauf pour les fins de l’étude, sous surveillance, et ce pendant la durée de l’étude environnementale.

Me Bouchard a précisé que les membres de l’association avaient accueilli favorablement le rapport, mais que cela n’avait pas été facile. «Ils en sont finalement venus à la conclusion qu’ils devaient appuyer ce rapport», a-t-il admis en anglais, en évoquant la «prudence» et la «sagesse».

Il a dit souhaiter, cependant, que le comité chargé de cette étude environnementale stratégique soit formé «le plus tôt possible», soit avant la fin du mois d’avril. Et l’industrie, a-t-il dit, sera prête à y collaborer.

Comme cette étude environnementale stratégique risque de prendre deux ans, voire davantage, Me Bouchard a toutefois évoqué une difficulté, celle de la durée de 10 ans des permis déjà octroyés. Il craint que cette étude environnementale ne se trouve à soustraire deux ans aux permis d’une durée de 10 ans.

«Puisque les permis sont octroyés pour une période déterminée, durant laquelle leurs détenteurs doivent procéder à des investissements annuels et exécuter certains travaux, sous peine de forclore leurs droits, l’imposition d’un délai qui les empêche de remplir ces obligations se trouver à amputer le temps qui leur a été octroyé. Il faudra trouver des solutions», a plaidé Me Bouchard.

5 commentaires
  • michel lebel - Inscrit 14 mars 2011 17 h 30

    Autre défi!!

    Tout un revirement par rapport à son prédécesseur, André Caillé! Rien de surpremant: Lucien Bouchard a une longue pratique des revirements! Mais l'Asociation gazière n'avait pas vraiment le choix! Notre Lucien national devra donc se trouver un nouveau dossier; après le porc, Vidéotron, l'UQAM, l'Orchestre symphonique, le gaz, il lui reste la violence au hockey!! Me Bouchard a une compétence universelle, c'est de commune renommée!

  • MJ - Inscrite 14 mars 2011 17 h 33

    Quelle est l’urgence de développer cette énergie fossile?

    L’avocat Lucien Bouchard se préoccupe plus de la durée des permis attribués aux industriels que d’une sérieuse évaluation environnementale qui requiert du temps. Les catastrophes partout sur la planète ne font pas réfléchir les promoteurs de cette industrie? N’y aura-t-il plus de coins de pays à l’abri de toute catastrophe écologique? Dans cette ruée vers l’or sale, la cupidité des promoteurs semble plus forte que la crainte de désastres éventuels pour la population!

  • Gilles Bousquet - Inscrit 14 mars 2011 19 h 20

    Est-ce qu'elle a la choix ?

    Est-ce que l'industrie pourrait dire : NON, je ne me plie pas ? "Wèyondon "

  • Louise Hurteau - Inscrite 14 mars 2011 23 h 37

    Non mais quelle arrogance !

    "l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, a annoncé aujourd'hui que ses membres se plieraient aux recommandations du BAPE sur le gaz de schiste"

    L'industrie n'a pas le choix, vraiment, ce n'était pas nécessaire de préciser le "plierait" quelle arrogance - tout pour se rendre sympathique quoi ! *sarcasme* ...

  • Gert - Inscrit 16 juillet 2011 21 h 22

    Une vraie farce

    L'industrie gazière au soutien de maitre Bouchard se tient tranquille et veut laisser tomber la poussière et repartira de plus belle quand la poussière sera tomber et ils pensent que nous nous laisseront berner parc le lobbéiste, nous ne voulons pas perdre ce qui nous reste de bon au Québec , l'eau , l'air et la terre non polué ou presque , pouquoi ils veulent nous détruire , pour l'argent . Battons nous tous ensemble et nous gagnerons contre ceux qui veulent nous détruire , ne nous laissons pas faire car ils veulent nous ammener en appocalipse, tenons nous et apuyez nous pour un avenir meilleur a tous .
    Gerty