La présidence de Robert Després est remise en question - Les fondateurs de Cinar ont déjà leur nouveau candidat

Robert Després, actuellement président du conseil d’administration de la maison de production, a été proposé — et avalisé par la Commission des valeurs mobilières — il y a à peine un an par le couple Charest-Weinberg pour représenter leurs
Photo: Jacques Nadeau Robert Després, actuellement président du conseil d’administration de la maison de production, a été proposé — et avalisé par la Commission des valeurs mobilières — il y a à peine un an par le couple Charest-Weinberg pour représenter leurs

Le couple Charest-Weinberg aurait sollicité un comptable et expert en faillites de Montréal, Noubar Boyadjian, pour prendre la place de Robert Després à la tête de la société Cinar.

On apprenait en fin de semaine que les cofondateurs de Cinar, Micheline Charest et Ronald Weinberg, avaient présenté une demande en ce sens à la Commission des valeurs mobilières du Québec (CVMQ), mais aucun nom n'avait été rendu public. Hier, M. Boyadjian a confirmé qu'il a été contacté par le couple.

Robert Després, actuellement président du conseil d'administration de la maison de production, a pourtant été proposé — et avalisé par la Commission des valeurs mobilières — il y a à peine un an par le couple Charest-Weinberg pour représenter leurs intérêts après leur départ forcé du conseil.

À la suite de la mise au jour d'irrégularités qui ont fait scandale et qui ont presque mené au démantèlement de Cinar, Mme Charest et M. Weinberg s'étaient vu interdire de siéger (pendant cinq ans) au conseil d'administration de Cinar et de toute autre société inscrite en Bourse au Canada. Les deux ont aussi été condamnés à verser une amende de un million chacun à la CVMQ.

Le couple a toutefois été autorisé à faire représenter ses intérêts dans Cinar par une tierce personne à qui leurs droits de vote seraient cédés. M. Després avait été choisi comme fiduciaire par le couple puis nommé avec l'assentiment de la CVMQ.

Samedi, le journal La Presse écrivait que le couple Charest-Weinberg tentait d'évincer M. Després et faisait référence aux pressions d'actionnaires de Cinar ces derniers mois, notamment d'un «coloré» gestionnaire de fonds, l'Américain Robert Chapman, pour déloger M. Després.

Vente rapide de Cinar

Le remplacement du fiduciaire pourrait se traduire par une vente rapide de Cinar, ce que veulent certains actionnaires du producteur d'Arthur et Caillou, M. Chapman entre autres.

Le couple Charest-Weinberg voudrait également que l'entreprise soit vendue au plus offrant, alors que M. Després a tout de suite entrepris, au moment de sa nomination, de la relancer. Le fiduciaire-président voudrait d'abord redresser les finances de Cinar avant de la mettre en vente.

M. Boyadjian a indiqué hier que les parties tentent d'organiser une rencontre avec la CVMQ d'ici la fin juillet pour discuter de sa nomination.

La CVMQ doit encore approuver la candidature de M. Boyadjian, s'assurer de son indépendance vis-à-vis du couple qui détient encore 64 % du vote au sein de Cinar.

Pour sa part, M. Després a affirmé hier qu'il va se soumettre à la décision de la commission, en ajoutant toutefois que le couple aurait dû au moins l'avertir de ses plans — dont il a pris connaissance dans les médias en fin de semaine.

«Je ne leur parle jamais parce que je veux respecter l'esprit de l'entente [d'indépendance] avec la Commission des valeurs mobilières. Je veux travailler dans l'intérêt de tous les actionnaires. Même s'ils sont des actionnaires importants, ils n'ont pas le droit d'intervenir dans les affaires de l'entreprise.»

Par ailleurs, hier toujours, Cinar a annoncé qu'elle était redevenue admissible au financement du Programme de droits de diffusion du Fonds canadien de télévision. La société en avait été bannie à la suite du scandale dont elle a fait l'objet il y a trois ans.

Cinar avait notamment été trouvée coupable d'avoir obtenu des crédits d'Ottawa pour des scénarios alors qu'un Américain avait écrit les textes.