Ces voitures qui marqueront 2011

La  Hyundai Veloster est un coupé asymétrique à quatre portes.<br />
Photo: Pascal Boissé La  Hyundai Veloster est un coupé asymétrique à quatre portes.

Les salons automobiles de Detroit et de Montréal, tenus simultanément cette année encore, fermaient leurs portes hier dans un climat beaucoup plus serein que celui des deux dernières années. Après plusieurs mois de latence, l'industrie automobile semble retrouver sa confiance et propose plusieurs nouveaux modèles pour l'année à venir. Mais plus question maintenant de nous écraser sous les roues d'une invasion de monstrueux véhicules utilitaires: les leçons de la crise ont été retenues, d'autant plus que personne ne veut se retrouver dans une position vulnérable advenant une nouvelle envolée des prix de l'or noir — imminente, paraît-il.

Les véhicules les plus significatifs qui arriveront sur nos routes au cours des douze prochains mois seront très majoritairement de catégorie compacte ou sous-compacte, et une portion intéressante du lot fait un usage plus important de l'énergie électrique. Passons en revue, si vous le voulez bien, une dizaine de ces voitures qui transformeront le paysage automobile et qui marqueront probablement leur époque.

La Fiat 500

Elle est présente en Europe depuis trois ans, et Chrysler — racheté par Fiat — nous promet son arrivée au Canada depuis plus d'un an. L'adorable petite chose, la renaissance de la mythique 500 qu'il faut nommer «tchin-kwé-tchène-to» si on veut être dans le coup, sera en vente d'ici quelques jours à des prix très accessibles. La version de base est annoncée à un peu moins de 16 000 $, alors que la version la plus étoffée est offerte pour environ 20 000 $. Bref, si vous cherchez une petite voiture pleine de personnalité, aussi frugale que jolie, sachez que vous pouvez maintenant acheter deux Fiat pour le prix d'une Mini...

Hyundai Veloster

Voilà ce qui risque d'être l'événement automobile de l'année à mon avis. Ce sera un succès fou ou un échec total selon la réception que le public lui réservera. La Veloster est un coupé asymétrique à quatre portes. Je m'explique: côté conducteur, il n'y a qu'une portière, comme si c'était un coupé sport, alors que de l'autre côté il y en a deux pour faciliter l'accès aux places arrière. Ajoutez le hayon, et vous avez quatre portes! Mue par un petit quatre-cylindres de 1,6 litre qui transmet sa puissance par une boîte à double embrayage, la Hyundai Veloster promet d'être un modèle d'efficacité. Et que dire de son style très audacieux?

Kia Optima

Kia remplacera bientôt sa très somnifère berline Magentis par la nouvelle Optima. Partageant la plateforme mécanique de sa cousine la Hyundai Sonata (un bon départ), cette voiture est représentative du changement radical qui s'est opéré chez Kia depuis l'arrivée du chef designer Peter Schreyer, un transfuge de chez Audi qui est au monde automobile ce que Kent Nagano peut être à la musique. L'Optima arbore une robe superbe, beaucoup moins baroque que celle de la Sonata, et dont la sobre efficacité et la justesse des proportions ont de quoi pousser au suicide toutes les Honda Accord de ce monde.

Ford C-Max

Dans la foulée des Kia Rondo et Mazda 5, Ford annonce l'arrivée de son petit monovolume C-Max. Jusqu'ici réservée au marché européen, traditionnellement plus réceptif à ce type de véhicules, la Ford C-Max est basée sur la même plateforme que la nouvelle Focus. Pour plusieurs familles, il s'agit là d'un format idéal qui combine la sobriété d'une compacte avec la polyvalence d'une fourgonnette. De plus, la C-Max est, de loin, le véhicule le plus élégant dans son segment. On aurait seulement aimé qu'un diesel soit offert, en plus des deux moteurs à essence de 1,6 litre et 2,5 litres.

Honda Civic

La neuvième génération de cette commodité essentielle aux déplacements quotidiens de milliers de Québécois devrait faire son apparition au printemps, avec près de trois ans de retard sur l'horaire prévu. Malgré cela, la nouvelle Civic, millésimée 2012, ne surprendra pas grand monde: il s'agira d'une évolution en douceur puisque la voiture conserve de nombreux éléments du modèle actuel. Il faudra plutôt parler de raffinement et d'optimisation dans ce cas. Les principales interventions de Honda auront ciblé l'efficacité du groupe motopropulseur ainsi que l'amélioration de l'habitabilité.

Mini Countryman

Pour illustrer ironiquement le paradoxe du Countryman, un ami me confiait: «Enfin une grosse Mini!» Pour certains, ce véhicule «haut sur pattes» est une réponse pertinente à l'époque dans laquelle on vit: un petit utilitaire sympathique et amusant à conduire. Pour d'autres, par contre, il s'agit d'une pure aberration: l'exploitation opportune et mercantile par BMW d'une marque qui ne méritait pas un tel affront. Et avec les tarifs affichés par Mini, on aurait tendance à pencher pour la deuxième option... Alec Issigonis, le créateur de ce minimum automobile qu'était la Mini originale de 1959, doit se retourner dans sa tombe.

Scion iQ

La marque Scion, créée de toutes pièces par Toyota pour courtiser un auditoire plus jeune et plus aventureux que celui de sa marque principale, arrive au Canada pour 2011. C'est une nouvelle un peu mitigée par le fait que la marque est en perte de vitesse aux États-Unis et que sa gamme actuelle n'est plus aussi «chill» qu'il y a trois ans. La bonne nouvelle, par ailleurs, c'est la venue de la microvoiture iQ dans le portrait. Cette Scion iQ (qui se prénomme Toyota iQ partout ailleurs) a été conçue en tant que concurrente de la Smart. Y aura-t-il de la place pour deux dans ce segment?

Toyota Prius

C'est avec une campagne de promotion très ludique que Toyota a lancé ce qu'il convient désormais d'appeler «la gamme Prius». Le thème de la campagne: faire voter les internautes sur la forme que devrait prendre le mot «prius» au pluriel. Tout ça pour faire comprendre aux acheteurs de voiture hybride qu'il y aura dorénavant plusieurs types de Prius. En plus de la berline que l'on connaît, on présentait à Detroit une version familiale plutôt terne, ainsi qu'une sous-compacte urbaine très intéressante, la Prius C, qui devrait être sur le marché au début de l'an prochain.

Chevrolet Volt

On entend parler de l'arrivée de la Volt depuis tellement longtemps que l'on s'en est presque lassé avant même de l'avoir conduite. Pendant la crise, c'était pratiquement la seule chose que «Government Motors» avait de positif à montrer, alors on brandissait la Volt pour prouver que la compagnie avait un avenir devant elle. Finalement, la Volt arrivera au compte-gouttes au Canada ce printemps. GM est un peu victime de sa prudence, car, étant donné que des cibles de production très basses (30 000 unités par an) ont été fixées, cette voiture électrique/hybride coûte cher à produire, et l'on ne suffira jamais à la demande quand les cours du pétrole remonteront. Et c'est seulement quand les quantités produites seront plus importantes que les prix pourront diminuer, ce qui entraînera un engouement... Bon, vous connaissez sûrement l'histoire de la saucisse Hygrade!

Nissan Leaf

Un pur acte de courage, ou une bravade, de la part de Nissan. La Leaf passera à l'histoire comme étant la première voiture exclusivement électrique digne de ce nom (entendez: comportant les commodités et le niveau de performance et de confort attendu par la majorité des automobilistes) à être produite en grande série par un des grands constructeurs de ce monde, et vendue au public sans arrière-pensée. La Nissan Leaf n'est pas une «expérience», ou un projet-pilote, c'est une voiture électrique qui s'assume. D'autres constructeurs ont annoncé leur intention de suivre cette voie à court terme, Ford notamment avec sa Focus électrique, dévoilée à Detroit et dont l'autonomie devrait être comparable à celle de la Leaf, soit approximativement 150 km.

***

Collaborateur du Devoir