Monopole syndical en agriculture - Un référendum ne réglera rien, disent l'UPA et l'Union paysanne

Québec — Un référendum tenu sur le monopole de l'UPA auprès des producteurs agricoles serait une pure perte de temps et un gaspillage d'argent, selon le président de l'organisme, Christian Lacasse.

M. Lacasse n'apprécie pas du tout le projet du ministre de l'Agriculture de mener une telle consultation, dans le cadre de la future politique agricole en préparation. Le ministre Laurent Lessard a entrepris des consultations sur le livre vert qui tracera les grandes orientations de cette politique, rendues publiques par La Presse canadienne jeudi.

Le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) est formel: il ne peut y avoir plus d'une accréditation syndicale en agriculture.

«Un référendum? On gaspillerait de l'argent et des énergies, a-t-il fait valoir, lors d'un entretien téléphonique hier. On veut faire un débat qui est complètement inutile.»

Il s'agirait donc, selon lui, d'un faux débat, qui ne préoccupe pas les producteurs sur le terrain, car au moins 95 % des producteurs jugent qu'ils sont bien représentés par l'union.

Pourtant, l'Union paysanne ne partage pas cet avis et se bat depuis une dizaine d'années pour mettre fin au monopole, qui avait aussi été dénoncé dans le rapport Pronovost sur l'avenir de l'agriculture, en 2008. Le président de la commission, Jean Pronovost, en faisait une question de démocratie.

Cela étant, on pourrait en conclure que l'Union paysanne sourit à l'idée de voir le gouvernement songer à tenir un tel référendum, pour que les producteurs se prononcent sur la question de l'accréditation unique et décident du sort à réserver à l'UPA. Mais il n'en est rien.

Car l'Union paysanne ne veut pas non plus de référendum, estimant que les dés sont pipés en faveur de la puissante UPA, parce que les producteurs seraient trop liés à l'organisation pour voter librement.

Aussi, du point de vue des contestataires, un référendum serait perdu d'avance, reconnaît le président de l'Union paysanne, Benoît Girouard.

«Tout le monde est dépendant de la machine» de l'UPA, a-t-il commenté, en entrevue téléphonique, jugeant que les producteurs étaient littéralement pris en otages.

L'Union paysanne voudrait donc que Québec mette fin au monopole de son propre chef, en décrétant la pluralité dans la représentation des agriculteurs.

Mais selon les informations obtenues, Québec veut plutôt confier la décision aux agriculteurs eux-mêmes.

Or, le pluralisme d'association est une valeur déjà reconnue dans les Chartes, a fait valoir M. Girouard.

«Comment se fait-il que les agriculteurs sont toujours considérés come des citoyens de seconde zone?», s'interroge-t-il.

L'important n'est pas là, réplique le président de l'UPA. Dans un contexte de concurrence internationale, la pluralité irait à l'encontre des intérêts des producteurs et ils le savent, selon M. Lacasse, qui mettra tout son poids pour éviter tout scénario qui aurait pour effet de mettre en péril le monopole.

Il soutient que le vrai défi de l'agriculture de demain consiste à accroître le rapport de force des producteurs pour qu'ils obtiennent toujours sde meilleurs prix.
2 commentaires
  • ghislaine fortin - Inscrite 16 janvier 2011 11 h 28

    L'éternel discours hypocrite de l'UPA....

    "95% des producteurs jugent qu'ils sont bien représentés par l'UPA!"
    Christian Lacasse, président de l'UPA.

    L'UPA, avec les années, a pris le contrôle total de tout ce qui touche l'agriculture. Ont droit aux programmes fédéraux ou provinciaux d'aide, aux emprunts agricoles, aux remboursements de taxes etc. etc. ceux, exclusivement, qui présentent pattes blanches et soumission totale et inconditionnelle à cette organisation m....

    Ceux qui contestent et remettent en question le sacro-saint monopole se font traîner en cour, on ferme leur marge de crédit, impossibilité d'emprunt à la Financière ou autres, aucune aide ou subvention et si la tête du producteur ne s'est pas amolli, tout est mis en place pour lui faire faillite et tous les moyens sont bons pour y arriver. Parlez-en aux milliers de producteurs qui ont subi la médecine de l'UPA.

    Les milliards versés à l'agriculture ne profite qu'à une petite clique qui fait bien comprendre au reste de la gang à marcher droit. La peur est omniprésente à la campagne.....

    Faire un référendum dans ces conditions?

    Quel le véritable choix pour les producteurs? Aucun.....il faut donner les moyens et les pouvoirs à d'autres orgagnisations pour qu'elles puissent présenter des alternatives crédibles et la chance de se faire connaître.

    L'UPA est championne toute catégorie dans la désinformation, dans l'instillation de la peur et sa meute d'avocats fait des affaires d'or à poursuivre tout ce qui bouge: producteurs, journalistes etc.

    Pour terminer, qu'en est-il du respect du contribuable qui, à la fin, paie toujours pour les pots cassés par l'UPA. Nous n'avons qu'à songer à la saga démentielle de l'abattoir Colbex Lévinoff: acheté par l'UPA à presque 6 fois le prix d'un abattoir neuf pour 80% des parts...le fédéral vient de verser près de $10 millions, le provincial vient de cracher $20 millions et ce n'est pas fini.

    Assez c'est assez: La liberté en agriculture et passons à autre ch

  • Daniel Bérubé - Inscrit 17 janvier 2011 16 h 32

    Informations crédibles ?

    Ne serait-il pas possible d'avoir des chiffres de provenance autre que des parties impliqués ? Quand nous lisons que 95% des producteurs si disent bien protégé par l'union, et que cette info vient de... l'union...

    A ce moment, posons cette question à Mr. Charest : Selon vous, Mr. Charest, est-ce que les québécois (es) se considérent bien représenté par le gouvernement en place ? Si Mr. Charest répond: " Ouiiiii ! Il sont 95% à se dire bien satisfait de leur gouvernement en place !
    Alors ? Plus besoins de faire d'élection, ce serait de l'argent jeté au feu, nous connaissons déjà des résultats = Les libéraux au Québec seraient réélus à 95% du vote ! Bravo Mr. Charest !

    S.V.P.: un peu plus de sérieux... ne jouons pas à la roulette russe avec ces mains qui nous nourissent...