Objets de l'année 2010 - Tour de schiste

Avant le début de l’été, peu de gens se doutaient que le sous-sol québécois renfermait une ressource qui pourrait valoir des dizaines de milliards de dollars.<br />
Photo: Agence Reuters Avant le début de l’été, peu de gens se doutaient que le sous-sol québécois renfermait une ressource qui pourrait valoir des dizaines de milliards de dollars.

On ne l'avait absolument pas vu venir, celui-là. Qui? Le gaz de schiste. Il y a longtemps que le Québec n'avait pas eu un débat aussi animé sur une question énergétique.

Souvenez-vous. Avant le mois de juin, à peu près personne au Québec ne savait que le sous-sol de la province renferme une ressource énergétique qui pourrait valoir des dizaines de milliards de dollars. On ne savait pas plus que des entreprises, pour la vaste majorité venues d'ailleurs, avaient déjà mis la main sur tous les permis d'exploration disponibles dans les zones prometteuses, et ce, à faibles coûts.

Seuls quelques citoyens inquiets avaient vu les entreprises venir forer près de chez eux, parfois sans leur consentement, mais surtout sans que la moindre étude d'impact ait été réalisée. Au moment d'écrire ces lignes, on n'en sait pas vraiment plus. D'où de vives inquiétudes dans plusieurs régions du Québec. Qui plus est, la poule aux oeufs d'or promise par l'industrie s'est passablement dégonflée au fil des mois.

Les acteurs du secteur gazier n'avaient pourtant pas été particulièrement inquiétés avant que le débat surgisse sur la place publique. Il faut dire que la ministre Nathalie Normandeau s'était faite rassurante: «On va vous permettre de déployer vos ailes et, dans ce sens, on souhaite une loi qui nous permette d'être plus efficaces», avait-elle dit en septembre 2009 devant un parterre de membres de l'Association pétrolière et gazière du Québec.

On attend maintenant le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement pour la fin de février. Mais pour plusieurs, les jeux sont déjà faits. Pas question de moratoire, ne cessent de répéter le gouvernement Charest et les gros joueurs de l'industrie. Et pendant qu'on rédige le projet de loi censé encadrer les activités pétrolières et gazières au Québec, les lobbyistes embauchés pour plaider la cause de l'énergie fossile s'activent dans les coulisses du pouvoir.
6 commentaires
  • ghislaine fortin - Inscrite 29 décembre 2010 10 h 34

    Les ailes....

    "On va vous permettre de déployer vos ailles...." pour mieux s'envoler avec les milliards en nous laissant les problèmes environnementaux!! Merci Mme Normandeau!

  • Sanzalure - Inscrit 29 décembre 2010 11 h 56

    C'est criminel

    J'ai vu les gros camions et toute la machinerie lourde saccager irrémédiablement la nature. Ces compagnies sont criminelles, leurs employés sont des complices au premier degré et les citoyens qui sont favorables à cette aventure insensée dans l'espoir de recevoir des miettes du butin sont complices au deuxième degré.

    Les mots me manquent pour dire ce que je pense du gouvernement élu pour défendre nos intérêts et qui nous a trahi sans vergogne.

    Serge Grenier

  • France Marcotte - Abonnée 29 décembre 2010 15 h 45

    Totems de métal

    Vous désignez cette tour comme un des objets emblématiques de cette année 2010. Maintenant on ne la manquera pas dans le paysage, on la pointera du doigt alors que jusque là elle passait inaperçue. Ces tours sont les jalons d'un envahissement comme les poteaux dans le poème Monsieur l'Indien de Claude Péloquin. Mais ça ne se terminera pas aussi mal, même si l'envahisseur n'a pas cette fois demandé la permission pour planter la première. Il y a plusieurs paires d'yeux braqués dessus, elles pourraient bien devenir symboles de la mobilisation de la population.

  • Carl Savard - Inscrit 30 décembre 2010 09 h 20

    Future abandon des sites

    On ne nous a jamais expliqué ce qui se passera quand les sites auront été abandonné depuis 10, 20, 30 ou 100 ans.

    Que se passera-t-il quand tous ces tuyaux métaliques commenceront à rouiller et les fissures apparaiteront?

    Qui paiera pour leur entretien? Surement pas les compagnies. On a vu ce qui se passe avec les mines abandonnées dans le Nord.

  • Marc O. Rainville - Abonné 30 décembre 2010 14 h 59

    Au poteau !

    Quand je pense que nos drogués aux hydrocarbures se préparent à forer dans la campagne française, mon sang ne fait qu'un tour. Sait-on que la compagnie Total, maître-d'oeuvre de ces futurs chantiers, a comme actionnaires de référence le duo Desmarais-Frère ? Et oui, Paul Desmarais, l'éminence gris sale des Charest, Harper et Sarkozy de ce monde.
    Comme despote allumé, Paul Desmarais est en train de compléter un parcours sans faute.