Projet Haldimand - Pétrolia cède 50 % de sa participation à Québénergie

L'entreprise Pétrolia a finalement annoncé hier la signature d'un partenariat avec la filiale d'une société française, Québénergie, partenariat qui permettra à cette dernière de mettre la main sur 50 % des intérêts de la pétrolière dans la découverte de Haldimand ainsi que dans 13 permis situés dans le même secteur. Pétrolia estime que cette entente facilitera la mise en production rapide d'un premier puits de pétrole en Gaspésie, mais aussi l'exploitation éventuelle d'autres gisements d'or noir.

Le nouveau partenaire, filiale d'Investcan Energy, déboursera 15 millions de dollars, dont 6,5 millions ont été versés à Pétrolia et 8,5 millions seront consacrés à des travaux d'exploration. «En plus d'une solide assise financière, Québénergie apporte une expertise technique complémentaire à celle de Pétrolia pour la mise en production du champ pétrolier Haldimand», précise le communiqué émis hier.

Le Devoir a révélé hier que la mise en production pourrait débuter d'ici quelques mois. Les partenaires finaliseront en effet, durant les prochaines semaines, le programme des travaux qui seront réalisés au cours de l'année 2011. Pétrolia agira à titre d'opérateur pendant la phase d'exploration, un rôle qui sera assumé par Québénergie à la phase de mise en production commerciale.

Puisque de sept à dix millions de barils pourraient être extraits du projet Haldimand au cours des prochaines années, tout indique qu'Investcan Energy a fait une bonne affaire. Avec un baril à 90 $ — il était à un peu plus de 88 $ hier — la valeur sur le marché du pétrole pourrait dépasser les 630 millions. Un chiffre sujet aux fluctuations, en fonction de la qualité du liquide pompé du sous-sol, et duquel il faut soustraire tout ce qu'il en coûte pour le produire, afin de connaître le profit qui sera dégagé. Il faut toutefois rappeler qu'on s'attend à une remontée des prix au cours des prochains mois, à la faveur de la reprise économique mondiale. Et d'autres découvertes pourraient survenir lors de travaux d'exploration à venir.

Le président de Pétrolia, André Proulx, a déjà reconnu que les investisseurs français ont fait «une bonne affaire». Mais il a surtout souligné que l'entente avec SCDM Énergie permettra de donner davantage de «crédibilité financière et technologique» à l'entreprise, de quoi faciliter les recherches de capitaux qui devront être menées dans les prochaines années.

Selon M. Proulx, il était par ailleurs important de maintenir une forte présence québécoise. «La proposition de Québénergie d'établir l'entente sur la base de la parité des intérêts s'est avérée déterminante dans notre choix, puisqu'elle était respectueuse de notre volonté de faire en sorte qu'une société québécoise tienne un rôle important dans le développement du projet.»

Dans les faits, les principaux actionnaires des deux entités proviennent de l'extérieur du Québec. Québénergie est une filiale à 100 % de SCDM Investcan (filiale à 100 % de SCDM Énergie), société française privée et basée à Paris. SCDM Énergie détient indirectement d'importantes participations dans plusieurs permis d'exploration à Terre-Neuve-et-Labrador et exploite un champ de gaz naturel en Côte d'Ivoire via une filiale dénommée Foxtrot International.

Selon le Registraire des entreprises du Québec, le premier actionnaire de Pétrolia est Pilatus Energy AG, une société qui a pignon sur rue en Suisse et dont le président réside aux Émirats arabes unis.