2011 - Desjardins prévoit un taux de croissance de 2,3 % au Canada comme au Québec

Les dépenses de consommation continuent de croître, mais les consommateurs pourraient bien être refroidis par l’augmentation de leur fardeau fiscal.<br />
Photo: Agence Reuters Shannon Stapleton Les dépenses de consommation continuent de croître, mais les consommateurs pourraient bien être refroidis par l’augmentation de leur fardeau fiscal.

Malgré un enlisement des pays industrialisés dans l'inertie économique, les investisseurs semblent retrouver un certain goût du risque. Indices boursiers nord-américains en hausse de 10 à 15 %, pétrole à 95 $US le baril et dollar canadien bien installé au-dessus de la parité avec le billet vert devraient composer l'univers financiers de 2011.

Dans ses projections de fin d'année, François Dupuis, vice-président et économiste en chef du Mouvement Desjardins, ne croit pas à une retombée du Canada à un niveau récessionniste. Certes, la croissance ne fait que s'essouffler de trimestre en trimestre, sous le coup d'une détérioration rapide du solde commercial. «Les investissements résidentiels diminuent et la contribution des dépenses gouvernementales s'amenuise. Cela dit, la demande intérieure continuera d'être relativement robuste grâce à une remontée des investissements non résidentiels et à une progression soutenue des dépenses de consommation», a ajouté l'économiste. Il retient que, pour 2011, le PIB canadien devrait croître de 2,3 %, soit à un taux modéré qui devrait reporter toute hausse du taux d'intérêt directeur à juillet prochain, au plus tôt.

Au Québec, «le marché du travail se démarque par une récupération rapide [...]. Par contre, la diminution graduelle des investissements en infrastructures publiques, le contrôle des dépenses gouvernementales et l'augmentation du fardeau fiscal des ménages freineront quelque peu la croissance.» François Dupuis retient pour l'an prochain une hausse du PIB québécois similaire à celle du PIB canadien.

À titre de comparaison, les économistes de la Banque Royale et de la TD chiffraient la semaine dernière la progression attendue du PIB québécois en 2011 à 2,6 % et à 2,1 % respectivement.

À propos du clivage entre les pays émergents et les pays industrialisés qui va en s'accentuant, avec une Europe enlisée dans ses problèmes d'endettement public, les États-Unis ont tout de même affiché certains indicateurs montrant des signes d'amélioration au cours des derniers mois. Le Mouvement Desjardins chiffre à 2,4 % la croissance, toujours fragile, du PIB américain l'an prochain, contre 2,8 % cette année. Il soutient que les effets de l'assouplissement monétaire de la Réserve fédérale se feront ressentir jusqu'au printemps prochain, ce qui repousse toute hausse du taux directeur à l'été 2012.

En réaction, sur les marchés, «grâce à une croissance vigoureuse des profits, particulièrement aux États-Unis, les Bourses nord-américaines possèdent toujours un bon potentiel de hausse à moyen terme». Desjardins prévoit donc que l'indice baromètre S&P 500 pourrait progresser de 15 % en 2011. Au Canada, une poussée du pétrole à 95 $US le baril devrait alimenter une progression moyenne de 10 % du S&P/TSX. «La hausse progressive des prix de la plupart des matières premières aidera le dollar canadien à s'établir durablement au-dessus de la parité avec le billet vert en 2011», a ajouté Desjardins.