Sarkozy, Merkel et Juncker - Un appelà plus de convergence en Europe convergence

Bruxelles — Plusieurs dirigeants européens se sont prononcés hier pour «aller plus loin» dans la convergence des politiques économiques dans la zone euro, envisageant de l'étendre au domaine social, notamment aux retraites.

Peu avant, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se sont entendus sur une révision du traité de Lisbonne entérinant la création d'un mécanisme permanent de gestion des crises dans la zone euro. L'actuel Fonds européen de stabilisation financière (FESF) ne sera pas augmenté, et l'idée d'obligations européennes a été écartée.

«Il va falloir aller plus loin pour affirmer au sein de la zone euro la nécessité de la convergence des politiques économiques», a jugé le président français, Nicolas Sarkozy, après une réunion des chefs d'États et de gouvernement européens à Bruxelles. «Il y a une convergence budgétaire, un pacte de stabilité, il y a possibilité de sanction pour les États qui ne respectent pas leurs engagements, il faut sans doute maintenant aller plus loin», a ajouté M. Sarkozy devant la presse.

«Ça sera le travail des premières semaines du début de l'année [...]», a-t-il dit, annonçant des propositions communes avec l'Allemagne. «L'objectif, c'est clairement que les écarts de compétitivité, que la politique économique soit mieux coordonnée entre les 16 États membres de la zone euro», a ajouté le chef de l'État français, et «il faut que des programmes de convergence se mettent en place, un peu à l'image de celui que nous avons entre les Allemands et les Français».

Paris et Berlin travaillent depuis plusieurs mois à la convergence de leurs systèmes fiscaux.

Pour M. Sarkozy, la convergence ne se limite pas «au seul problème des déficits budgétaires: «Pourquoi ne pas imaginer qu'on réfléchisse ensemble et qu'on annonce ensemble des objectifs» en matière de systèmes de retraite, a-t-il lancé.

Mme Merkel a aussi estimé à Bruxelles qu'une meilleure coordination des politiques économiques «peut vouloir dire que nous nous engageons tous en ce qui concerne la stabilité des budgets, que nous comparons nos systèmes sociaux...»

«Je ne pense pas que quelqu'un en Allemagne ait quelque chose contre le fait que tous les États se mettent d'accord pour avoir un système de retraites similaire, ou le même âge de la retraite, ou que ce que l'Allemagne fait pour réduire ses dettes soit introduit dans d'autres États», a-t-elle ajouté.

Le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, également chef de file des ministres des Finances de la zone euro, a appelé pour sa part à doubler la réflexion sur l'harmonisation fiscale dans l'UE d'une «harmonisation sociale».

«Il est évident qu'on ne peut pas se limiter au seul examen des politiques fiscales, il faudra aussi que nous parlions entre nous pour rapprocher les politiques sociales», a-t-il indiqué lors d'un point presse à l'issue du sommet. «Je crois que nous n'échapperons pas au débat qui consistera à voir dans quelle mesure les dispositions fiscales, qui caractérisent nos paysages fiscaux, doivent être rapprochées pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de concurrence fiscale, déloyale», a-t-il dit.

Cela ne signifierait pas forcément «les mêmes taux d'imposition», a précisé le Luxembourgeois, dont le pays a souvent été mis en cause pour sa fiscalité de l'épargne, jugée trop souple par certains de ses voisins. «Mais je voudrais qu'on parle avec le même élan de coeur de la nécessité de l'harmonisation sociale», a poursuivi M. Juncker.