Entente entre l’UPA et le gouvernement: les motoneiges peuvent circuler

Christian Lacasse, président de l’Union des producteurs agricoles
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Christian Lacasse, président de l’Union des producteurs agricoles

Le gouvernement Charest et l’Union des producteurs agricoles du Québec se sont finalement entendus ce matin sur des mesures afin d’atténuer les effets de la réforme de l’Assurance stabilisation des revenus agricoles. Les agriculteurs lèvent donc le blocus de leurs terres pour les motoneigistes, qui pourront recommencer à circuler.

L’engagement du ministre Laurent Lessard permet en fait de compenser la mesure de resserrement du 25 % qui fait l’objet de leur mécontentement depuis plus d’un an et qui avait mené au retrait du privilège d’accès sur leurs terres en signe de protestation. «La proposition d’aujourd’hui fait preuve d’équité envers les producteurs et devrait permettre, comme ils le souhaitaient, d’avoir véritablement accès aux sommes promises il y a maintenant un an par le gouvernement», a fait valoir le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Christian Lacasse.

L’engagement pris ce matin permet d’indiquer à la Financière agricole du Québec (FADQ) que tout surplus sera versé aux producteurs visés par la mesure de resserrement — sans excéder les sommes qui auraient été autrement versées en l’absence de ladite mesure — jusqu’au 31 mars 2013, et ce, dans le respect du cadre budgétaire actuel. La reconduction possible de cet élément sera évaluée en 2013, selon la situation financière de la FADQ.

Les Associations touristiques régionales associées du Québec ont accueilli avec soulagement le règlement du conflit. «Depuis plusieurs semaines déjà, l’industrie touristique faisait les frais d’un litige qui ne la concernait pas, l’UPA ayant donné le mot d’ordre aux producteurs agricoles de fermer l’accès à leurs terres aux motoneigistes et quadistes pour dénoncer des compressions gouvernementales. Ce blocus a causé des torts considérables à plusieurs régions du Québec où la pratique de la motoneige et du quad constitue une activité économique de première importance», a fait valoir l’organisme par voie de communiqué.

En novembre 2009, feu Claude Béchard avait imposé une enveloppe annuelle fermée de 630 millions à la Financière agricole du Québec (FADQ), et ce, pour les cinq prochaines années. Le bras financier du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation accumulait en effet les déficits année après année — pour un total de plus d’un milliard de dollars —, d’où l’obligation de mettre en place un plan de redressement passant par une réforme de l’Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA). Celle-ci sert à combler la différence entre les coûts de production et la valeur marchande.

L’Union des producteurs agricoles avait bien accueilli le plan de redressement de Québec et a accepté des mesures de resserrement de l’ordre de 80 millions par année. Mais le syndicat n’a pas digéré la décision du gouvernement, annoncée en avril dernier, d’exclure le quart des fermes les moins performantes du calcul du coût de production moyen. Cette mesure représente des compressions supplémentaires de l'ordre de 80 millions de dollars et fait en sorte que les agriculteurs recevront moins d’argent pour «stabiliser» leurs revenus. Les producteurs de porc, de bovin et d'agneau étaient particulièrement vulnérables.
3 commentaires
  • Johanne Tremblay - Abonné 17 décembre 2010 15 h 47

    Bien visé

    L'UPA a su viser juste: l'industrie de la motoneige est tellement bien protégée par Québec - parlez-en aux résidents des Laurentides privés du droit de se faire entendre en justice - qu'on pouvait s'attendre à un règlement rapide du conflit.
    Bravo l'UPA!
    Johanne Tremblay, Montréal.

  • Charles F. Labrecque - Inscrit 17 décembre 2010 16 h 44

    Chantage

    Ne croyez-vous pas que votre syndicat fait preuve d’opportuniste et joue avec le feux. Un jour le peuple québécois se réveillera pour vous imiter en boycottant les produits de la ferme à cause des prix élevés. en exemple savons nous que le prix du lait est un des plus élevé de monde.Or les québécois sont vaillants mais il y a toujours une limite dans la provocation. Saviez-vous que les familles pauvres se limite dans la consommation du lait au Québec?

  • R. N. Proulx - Abonné 17 décembre 2010 16 h 47

    Et la nouvelle droite là dedans !

    Je me demande comment la nouvelle droite québécoise, genre RLQ, aurait solutionné le conflit. M. Shields, vous pourriez peut-être vérifier cela.