Un été très profitable a fait oublier un hiver difficile

Par ailleurs, malgré ses bons résultats, Transat n'entend pas rétablir son dividende, aboli en 2008.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Par ailleurs, malgré ses bons résultats, Transat n'entend pas rétablir son dividende, aboli en 2008.

Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas pour Transat. Après un hiver difficile, le voyagiste a connu le meilleur été de son histoire, ce qui lui a permis de conclure son exercice 2010 de belle façon.

La forte demande estivale pour les destinations transatlantiques et la disparition de certains concurrents a permis à Transat de remplir ses avions et de maintenir ses prix à des niveaux élevés. Résultat: les profits nets de son quatrième trimestre, qui a pris fin le 31 octobre, ont atteint 52,4 millions (1,37 $ par action), soit près du triple des 18,1 millions (52 ¢ par action) dégagés pendant la même période de l'an dernier.

Transat a enregistré son meilleur bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) en cinq ans en proposant des liaisons uniques entre des villes canadiennes et européennes, a souligné l'analyste Martin Landry, de Valeurs mobilières Desjardins. «Transat peut exiger des prix plus élevés [pour ces vols et forfaits] compte tenu que la concurrence est limitée», a écrit M. Landry dans une note.

Les investisseurs ont bien réagi: l'action de Transat a bondi de 9,8 % hier pour clôturer à 19,48 $ à la Bourse de Toronto. Le titre a ainsi repris tout le terrain perdu depuis la dégringolade de mars dernier, alors que Transat avait publié de mauvais résultats pour son premier trimestre. Au cours de l'hiver, l'entreprise montréalaise avait sabré une partie de sa capacité dans l'espoir de faire cesser la chute des prix des forfaits vacances, mais la stratégie s'était retournée contre elle: ses concurrents avaient aussitôt occupé le terrain et accru leurs parts de marché à ses dépens.

«Ce fut une année bizarre», a convenu le président et chef de la direction de Transat, Jean-Marc Eustache, au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers. «Nous avons eu un hiver difficile, suivi d'un été remarquable, et le résultat final est plutôt satisfaisant dans les circonstances», a-t-il ajouté.

Pour l'ensemble de l'exercice, Transat a enregistré un bénéfice net de 65,6 millions (1,73 $ par action), en hausse de 6,1 % par rapport aux 61,9 millions (1,85 $ par action) engrangés un an plus tôt. Les revenus annuels ont reculé de 1,3 % pour se chiffrer à 3,5 milliards. Au quatrième trimestre, ils ont augmenté de 8,2 % pour s'élever à 778,6 millions.

La direction se montre fort optimiste pour la saison hivernale qui s'amorce. Par rapport à l'an dernier, Transat a accru sa capacité de 13 %, mais ses ventes sont en hausse de 18 % et le taux d'occupation de ses avions est 3 % plus élevé.

M. Eustache a même laissé entrevoir la possibilité que le premier trimestre de Transat, traditionnellement déficitaire, se termine dans le vert cette année. «Quand je regarde dehors et que je vois toute cette neige et une température de moins sept degrés, je vous garantis que les gens vont voyager», a lancé le coloré dirigeant.

Pour compenser le retrait partiel des Américains, qui se poursuit, le Mexique, la République dominicaine et la Jamaïque se font de plus en plus compétitifs en matière de prix, attirant de plus en plus de Canadiens qui souhaitent voir autre chose que Cuba.

Les voyageurs se font donc moins nombreux dans l'île communiste et la concurrence y est féroce. Transat espère que les hôteliers cubains baisseront leurs tarifs pour permettre aux marges bénéficiaires des voyagistes de reprendre du tonus. Quoi qu'il arrive, les amoureux de Cuba devraient continuer de profiter d'intenses guerres de prix.

À plus long terme, Transat continue d'explorer la possibilité d'étendre ses tentacules jusqu'en Extrême-Orient. «L'Asie, c'est clair qu'il commence à y avoir un intérêt important et c'est clair que c'est quelque chose qui est sur notre radar continuellement. Je pense que l'Asie, il y a quelque chose à faire là et ça ne va pas prendre trop de temps», a indiqué Jean-Marc Eustache, en refusant toutefois de préciser quel pays l'intéressait en priorité.

Par ailleurs, malgré ses bons résultats, Transat n'entend pas rétablir son dividende, aboli en 2008. L'encaisse libre de l'entreprise se chiffre à 181 millions, le même montant qu'il y a un an. Les flux de trésorerie ont servi à rembourser la dette, qui ne totalise plus que de 29,1 millions, en baisse de 81,8 millions au cours des 12 derniers mois.