Libre-échange avec l'Europe: des progrès malgré les irritants

Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, et le ministre canadien du Commerce international, Peter Van Loan.
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, et le ministre canadien du Commerce international, Peter Van Loan.

Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, et le ministre canadien du Commerce international, Peter Van Loan, n'ont pas nié, hier, à l'issue d'une rencontre à Ottawa, que certaines questions s'avéraient plus difficiles à régler que d'autres dans le cadre des négociations visant la conclusion d'un accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne.

Ils ont toutefois assuré que ces négociations allaient bon train et qu'elles pourraient même se conclure avant la date prévue de la fin de l'année prochaine. Selon certaines sources, l'un des sujets de tensions entre les deux parties serait le système canadien de gestion de l'offre dans les secteurs agricoles du lait, des oeufs et de la volaille.
4 commentaires
  • Democrite101 - Inscrit 16 décembre 2010 08 h 28

    Ne confondons point libre-échange et libre-échangisme...


    Ce sont les Lumières du 18e siècle qui pensèrent le libre échange (Ricardo).

    Incroyable que l'inertie humaine prit 3 siècles pour l'instaurer en Europe (1957), en Amérique du Nord (1990s), et pas encore entre les deux grosses mamelles de l'Occident (Europe-Amérique.

    Comme quoi les Lumières humaines voyagent moins vite que la lumière naturelle.

    Quant à la «lumière divine», elle stagne, immobile, depuis le néolithique...

    La mondialisation est une merveilleuse réalisation technique. Pourtant elle a commencée il y a plus d'un milliard d'années quand les premières bactéries sortirent de l'océan... Paternité/maternité de la mondialisation fort disputée.

    Qui aime gager? Alors, pour quand le libre-échange entre tous les pays arabo-musulmans et, ensuite, entre ce bloc de pays et l'Occident ? À la vitesse de la lumière d'Allah et du petit Jésus, les Américains auront déjà colonisé une exo-planète.

    Ne soyons pas trop pessimistes. L'humanité est un gros escargot, mais elle avance !

  • MJ - Inscrite 16 décembre 2010 17 h 51

    @ Démocrite

    Ne pas s’illusionner sur les bienfaits du libre-échange!

    Ces accords sont surtout à l’avantage des plus forts, c’est-à-dire des multinationales étrangères et non au bénéfice des producteurs locaux et populations locales. L’exemple des points qui achoppent pour cet accord de l’AECG (Accord économique et commercial global) entre l’Europe et le Canada est significatif - soit le lait, les oeufs et la volaille avec la politique actuelle de “gestion de l’offre” au Canada et au Québec. L’émission “La semaine verte” a traité de ce sujet lors d’une revue historique de l’élevage au Québec depuis 1970. Le libre-échange nord-américain a failli tuer les industries locales de ce secteur alimentaire. Finalement, ces secteurs (lait, oeufs, volaille) ont été exclus des accords du libre-échange nord-américain et les producteurs de lait, d’oeufs et de volaille du Québec ont pu survivre et stabiliser leurs revenus grâce à la gestion de l’offre, i.e. un soutien gouvernemental permettant aux éleveurs de produire pour la demande locale, ni plus ni moins - évitant ainsi les fluctuations des prix sur les marchés internationaux auxquels les aurait soumis cet accord de libre-échange et l'insécurité qui en aurait résulté quant à leurs revenus. La gestion de l'ofre est en quelque sorte une assurance pour les producteurs en ce qui concerne la stabilisation de leurs revenus. Si nos agriculteurs ont des difficultés financières et qu’ils perdent leurs fermes et leurs terres, c’est la fin de l’autosuffisance alimentaire pour le Québec et le début d’une dépendance alimentaire à l’égard des pays étrangers et des multinationales.

  • Democrite101 - Inscrit 17 décembre 2010 11 h 11

    Gagnons sur les deux tableaux


    À MJ.

    Votre critique est sérieuse et mérite grand respect.

    D'un autre côté, combien les Québécois paient-ils en trop pour subventionner ainsi leur agriculture locale par rapport à un réel libre-échange ?

    2. Cette gestion de l'offre (protectionnisme pur) les rend frileux et peureux d'attaquer, comme en toute industrie, les producteurs américains sur leur propre terrain, chez-eux.

    3. Une politique alimentaire santé, négociée des deux côtés de la frontière, pour l'achat de produits locaux (plus frais) et moins coûteux à cause de leur transport polluant, serait un frein raisonnable aux méfaits (limités) du libre-échange.

    4. Une politique drastique de la nourriture-santé (produits frais, légumes frais, fruits frais, plats biologiques) casserait facilement les grosses multinationales de l'alimentation. Les dinosaures sont plus faibles que les brillants écureuils. Ces derniers ont survécu...

    Bref, votre critique est sérieuse, éminemment respectable. Il faut donc gérer le libre-échange en ayant en tête vos propres objectifs, et gagner sur les deux tableaux: la bataille de la nourriture-santé et les coûts en nourriture les plus bas...

    Jacques Légaré, héritier et défenseur des Lumières
    Ph.d, en philosophie politique
    Professeur (retraité) d'Histoire, d'Économique et de Philosophie