L'inflation reste trop faible aux É.-U.

Barack Obama, photographié hier alors qu’il rentrait à la Maison-Blanche après une rencontre avec des patrons influents sur le thème de la création d’emplois.<br />
Photo: Agence Reuters Jason Reed Barack Obama, photographié hier alors qu’il rentrait à la Maison-Blanche après une rencontre avec des patrons influents sur le thème de la création d’emplois.

Washington — Les chiffres de l'inflation publiés hier aux États-Unis illustrent les menaces du ralentissement des prix et de la stagnation du pouvoir d'achat sur la reprise de l'économie américaine.

Selon le département du Travail, la hausse des prix à la consommation n'a progressé que de 0,1% en novembre par rapport au mois précédent. En glissement annuel, la hausse des prix est retombée à son point bas de septembre: 1,1 %.

Hors alimentation et énergie, l'inflation dite de base est repartie à la hausse (+0,1 % par rapport à octobre) après trois mois à zéro. Si elle est remontée à 0,8 % en glissement annuel, elle reste extrêmement faible, vu qu'elle avait touché en octobre son plus bas niveau dans les annales du ministère (0,6 %), qui remontent jusqu'à 1957 pour cet indicateur.

L'inflation est encore beaucoup trop faible par rapport aux objectifs de la banque centrale américaine (Fed), et certains de ses dirigeants estiment que cette situation devrait durer jusqu'en 2013 au moins. La poursuite des tendances désinflationnistes inquiète toujours la Fed qui veut à tout prix éviter une déflation, dont les risques, estime Ian Shepherdson, économiste de l'institut HFE, restent «supérieurs à ceux d'inflation».

La déflation crée une spirale de baisse des prix et des salaires s'entretenant d'elle-même du fait que ménages et entreprises tendent alors à reporter leurs dépenses de consommation ou d'investissement dans l'espoir de bénéficier de prix plus favorables. C'est ce scénario catastrophe rappelant aux États-Unis les heures noires de la crise des années 1930 que veut à tout prix éviter la Fed.

Les données sur les salaires publiées par le département du Travail en même temps que les chiffres de l'inflation corroborent les craintes de la banque centrale puisque le salaire horaire réel moyen a reculé de 0,1 % en novembre par rapport à octobre. Le ministère note que le pouvoir d'achat procuré par les salaires n'a presque pas bougé sur les six derniers mois, ce qui n'est pas encourageant pour les perspectives de la consommation des ménages, moteur traditionnel de l'économie américaine.

Obama rencontre des p.-d.g.

Par ailleurs le président américain Barack Obama recevait hier matin 20 patrons de grandes entreprises pour parler économie et surtout emploi, alors que le taux de chômage reste obstinément au-dessus de 9 % aux États-Unis depuis un an et demi. Le président Obama devait notamment rencontrer les p.-d.g. de Google, American Express, PepsiCo et General Electric, alors qu'il tente de relancer l'économie du pays, les exportations et les créations d'emplois.

«Je pense que le principal moteur du succès économique de l'Amérique n'est pas le gouvernement, mais l'ingéniosité des entrepreneurs américains, le dynamisme de nos marchés», a déclaré

M. Obama avant la rencontre. «Ce matin, j'espère obtenir des idées de ces dirigeants économiques, a-t-il indiqué. Je suis impatient de m'entretenir avec eux et de travailler avec eux dans les mois et les années à venir», a-t-il ajouté, précisant qu'il souhaitait notamment avoir leur contribution en vue d'une réforme fiscale.

La rencontre survient alors que le Congrès examine le compromis fiscal conclu entre M. Obama et les républicains, qui prolonge de deux ans les allégements d'impôts consentis aux Américains, y cosmpris les plus riches, sous la présidence du républicain George W. Bush.

Mardi, M. Obama avait reçu Bill Gates et Warren Buffett, ses compatriotes les plus riches, qui se sont engagés à donner la majorité de leur fortune à des oeuvres. Ils ont évoqué «des idées pour faire croître l'économie et rendre les États-Unis plus compétitifs, en investissant notamment dans l'enseignement [...] et dans des secteurs innovants», selon un responsable de la présidence sous couvert de l'anonymat.

Des responsables de la Maison-Blanche ont souligné que la rencontre d'hier ne devait pas être considérée comme un «sommet» mais plutôt comme une «réunion de travail» privée destinée à faire émerger des idées visant à relancer la croissance.