Les prévisions de la Banque TD - Une croissance plus modérée, mais également plus durable

L'injection de centaines de milliards en nouvelles liquidités et la reconduction des baisses d'impôts de l'ancien président Bush aux États-Unis se feront ressentir l'an prochain jusqu'au Canada, prédit la Banque TD.

Les économistes de l'institution financière ont révisé à la hausse hier leurs prévisions de croissance économique pour le Canada en 2011. Plutôt qu'un taux de croissance moyen de 2 %, comme ils le prévoyaient encore en septembre, le pays devrait voir son produit intérieur brut (PIB) croître à un rythme de 2,6 %, ont-t-ils corrigé. Légèrement inférieure au taux de 2,9 % que devrait afficher cette année qui s'achève, cette croissance marquerait un retour à «un rythme de croissance plus modéré et plus durable».

«Une grande partie de la relance de l'activité à court terme s'explique par l'amélioration des prévisions relatives aux exportations, que ce soit les ressources ou les autres produits exportés», a expliqué Craig Alexander, économique en chef du Groupe Banque TD. Cette hausse des exportations sera principalement attribuable à l'effet à court terme produit sur l'économie américaine par les nouvelles mesures de stimulation économiques adoptées récemment par la Réserve fédérale américaine et les membres du Congrès.

L'économie canadienne devrait également profiter du gel des taux d'intérêt par la Banque du Canada, qui devrait se prolonger jusqu'à l'été prochain. «Un peu comme en 2009, les consommateurs devraient anticiper ces hausses de taux et accélérer les achats de maisons et d'autres produits coûteux durant la première moitié de 2011, a poursuivi Craig Alexander. Cela dit, les niveaux d'endettement élevés empêcheront les consommateurs de trop dépenser.»

Prévisions plus optimistes de la Royale


Calculée d'un 31 décembre à l'autre, la croissance économique au Canada serait ainsi, selon la Banque TD, de 2,8 % cette année, de 2,9 % l'année prochaine et de 2,3 % en 2012. Ces prévisions sont sensiblement plus optimistes pour l'an prochain que les taux de 3 % en 2010, 2,3 % en 2011 et 2,6 % en 2012 que prévoyait la Banque du Canada à la fin du mois d'octobre et qu'elle révisera seulement janvier. Mais elles sont, au contraire, sensiblement plus pessimistes que celles faites également hier par la Banque Royale d'une croissance de 3,1 % cette année, de 3,2 % l'année prochaine et de 3,1 % en 2012.

Les conditions financières resteront favorables à l'activité économique intérieure, prédit la RBC, la consommation des ménages de plus en plus endettés cédant graduellement la place à l'investissement des entreprises. Ces dernières voudront, notamment, continuer de profiter de la force du dollar canadien pour s'acheter des équipements susceptibles d'améliorer leur productivité. Le huard devrait ainsi être au milieu de l'année prochaine tout juste au-dessus de la parité (1,02 $US) avec le billet vert américain.

Ralentissement en vue au Québec

Les provinces, comme l'Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve, dont les économies sont principalement amarrées aux ressources naturelles, seront celles qui connaîtront la plus forte croissance l'an prochain, prévoit la Banque Royale. Le Québec devrait être légèrement en retrait avec des taux de croissance de 2,7 % cette année, de 2,6 % en 2011 et de 2,7 % en 2012. «Maintenant que la reprise est solidement sur ses rails, l'objectif sera de rétablir l'équilibre des dépenses publiques, observe la RBC. On assistera, l'année prochaine, à une transition d'une politique fiscale de stimulation économique à une politique plus restrictive de compressions des dépenses et d'augmentation des taxes.»

La Banque TD partage généralement cette analyse. Ses prévisions de croissance pour le Québec se révèlent toutefois, comme pour le Canada dans son ensemble, un peu plus pessimistes, avec un taux de 2,7 % cette année, de seulement 2,1 % l'année prochaine, et d'un guère plus brillant 2,2 % l'année d'après.