États-Unis - La Fed reste collée à son plan

Les ventes au détail ont continué de progresser aux États-Unis, en novembre.<br />
Photo: Agence Reuters Justin Sullivan Les ventes au détail ont continué de progresser aux États-Unis, en novembre.

La reprise se poursuit aux États-Unis, mais n'arrive pas à réduire le taux de chômage, a souligné hier la Réserve fédérale américaine au moment d'annoncer que son taux directeur demeure intact pour l'instant et qu'elle va continuer son programme de rachat d'obligations gouvernementales.

Au début du mois de novembre, la Fed, dont le taux directeur est à un plancher historique, a décidé d'acquérir plusieurs centaines de milliards en obligations, un geste destiné à mettre des liquidités à la disposition des banques qui hésitent encore à prêter.

«La reprise économique continue, mais à un rythme insuffisant pour diminuer le taux de chômage», a écrit la Fed dans un communiqué qui ne change à peu près pas d'une fois à l'autre. Elle a une fois de plus indiqué que les dépenses des ménages augmentent à une cadence raisonnable et que l'investissement est en hausse, mais que les entreprises hésitent à embaucher.

En modifiant son taux directeur, la Fed arrive à augmenter ou à diminuer ce qu'il en coûte pour emprunter de l'argent auprès des banques. Pour l'instant, et pour un bon moment encore, le taux, aussi appelé «Fed funds», se situe dans une fourchette de 0 % à 0,25 %. Concrètement, il représente le taux qui s'applique aux prêts de 24 heures que les banques se font entre elles.

La Fed a notamment fait remarquer hier que les éléments sous-jacents à l'inflation continuent de s'affaiblir. Les États-Unis tentent de stimuler la reprise grâce à un taux directeur très faible, mais certains observateurs craignent que cela n'entraîne une déflation de prix.

Le programme de la Fed visant à acquérir des obligations est d'environ 75 millions par mois, jusqu'à concurrence de 600 milliards, ce qui avait laissé plusieurs économistes sceptiques au moment de cette annonce il y a un mois et demi.

L'annonce au sujet du taux directeur n'a surpris personne. Mais la question sur toutes les lèvres demeure celle-ci: à quel moment la Fed trouvera-t-elle le moyen de cesser ce programme de stimulation auprès des banques?

«Avec une croissance économique d'environ 3 % en 2011 et en accélération en 2012, on recommencera à parler d'une stratégie de sortie du FOMC [Federal Open Market Committee] avant la fin de 2011», a écrit hier Paul-André Pinsonnault, économiste principal à la Banque Nationale.

Données

Par ailleurs, le gouvernement américain a publié plusieurs données suivies de près par les observateurs économiques.

Entre autres, les ventes au détail ont progressé plus qu'attendu au novembre aux États-Unis, signe que la reprise économique accélère au quatrième trimestre malgré un chômage toujours élevé et la hausse des prix à la production.

Selon les données publiées hier par le département du Commerce, les ventes au détail ont connu leur cinquième mois de hausse consécutif, à 0,8 %, grâce à l'habillement et aux biens non essentiels à l'approche des fêtes de fin d'année, et à l'augmentation du chiffre d'affaires des stations-service.

L'administration américaine a en outre relevé la hausse d'octobre à 1,7 %, contre 1,2 % annoncé initialement. Les ventes au détail dynamisent les dépenses de consommation, qui représentent les deux tiers de l'activité aux États-Unis.

Les économistes tablaient sur une progression moins forte (+0,6 %) et observent que, même si les ventes au détail venaient à chuter en décembre, la hausse des dépenses de consommation en rythme annuel devrait largement dépasser les 2,8 % enregistrés pour le troisième trimestre.

«La consommation devrait inscrire une augmentation solide au quatrième trimestre. Pour la première fois depuis la fin de la récession, les consommateurs contribuent réellement à la croissance», a noté Chris Low de FTN Financial à New York.

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Avec Reuters