Aviation - Un peu de soleil dans le ciel avant le retour des nuages

Giovanni Bisignani: «Si les compagnies aériennes étaient des organisations caritatives, ce serait un résultat formidable. Mais dans les affaires, cela signifie clairement que nous restons un secteur malade.»<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Fabrice Coffrini Giovanni Bisignani: «Si les compagnies aériennes étaient des organisations caritatives, ce serait un résultat formidable. Mais dans les affaires, cela signifie clairement que nous restons un secteur malade.»

Genève — Le secteur aérien devrait réaliser des bénéfices record en 2010 grâce à une embellie économique mondiale, plus particulièrement marquée en Asie, selon l'Association internationale du transport aérien (IATA) qui prévoit en revanche une année 2011 plus morose.

Après une «annus horribilis» en 2009 avec des pertes s'élevant à 9,4 milliards de dollars, l'IATA partait très pessimiste pour l'année en cours. Mais faisant état d'une reprise économique plus solide que prévu surtout au troisième trimestre, l'association qui représente près de 230 compagnies aériennes assurant 93 % du trafic commercial a une nouvelle fois hier revu à la hausse ses prévisions de bénéfices pour le secteur. Elle table désormais sur un profit de 15,1 milliards de dollars contre 8,9 milliards lors de sa dernière estimation en septembre.

«Il s'agit d'un record en dollars», a relevé l'économiste en chef de l'association Brian Pearce lors de la journée annuelle de la presse organisée à Genève. Ceci représente «certainement une bonne nouvelle pour une industrie» totalement sinistrée depuis plusieurs années, ayant «perdu 51 milliards de dollars entre 2001 et 2009», s'est félicité le patron de l'association, Giovanni Bisignani.

Mais, prévient-il, ces résultats restent fragiles et le secteur toujours confronté à de nombreux défis. Les recettes de l'aviation ne devraient ainsi atteindre cette année que 565 milliards, ne permettant de dégager qu'une marge de 2,7 %, a-t-il poursuivi. «Si les compagnies aériennes étaient des organisations caritatives, ce serait un résultat formidable. Mais dans les affaires, cela signifie clairement que nous restons un secteur malade», a estimé M. Bisignani, annonçant d'ores et déjà que «la reprise va faire une pause en 2011».

De fait, selon les estimations de l'IATA, les profits devraient baisser l'année prochaine à 9,1 milliards en raison de «conditions plus difficiles». Plusieurs facteurs viennent assombrir le ciel du secteur, à commencer par les prix élevés du pétrole qui devraient évoluer autour de 84 $US par baril en moyenne contre 79 $US cette année.

La lenteur de la reprise en Europe dont les gouvernements sont lourdement endettés va également, selon l'IATA, peser sur le secteur.

L'IATA regarde en revanche avec espoir du côté de l'Asie qui offre désormais les plus importantes perspectives de croissance.