Moody's décote la Royale

La Banque Royale est trop exposée au risque du marché des capitaux, selon Moody’s.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir La Banque Royale est trop exposée au risque du marché des capitaux, selon Moody’s.

L'agence d'évaluation américaine Moody's a baissé d'un cran la notation de la Banque Royale. La plus grosse banque du pays selon l'actif perd son triple A en raison de sa trop grande exposition face au marché des capitaux.

Moody's avait placé la dette à long terme de la Royale sous révision en septembre dernier, avec possibilité d'abaisser la notation. La décote est venue hier, l'agence new-yorkaise faisant passer sa notation sur la dette à long terme de triple A à Aa1. Dans un même élan, l'agence a confirmé la cote de la TD, qui demeure la seule grande banque canadienne à afficher un triple A.

Revenant à la Royale, Moody's a pris soin de souligner à grand trait la bonne santé financière de l'institution. La décote, qui aura peu ou pas d'effet, vise à refléter le choix stratégique de la banque de poursuivre son développement dans le segment banque d'affaires. Moody's y voit une source de volatilité et d'instabilité à long terme.

L'agence reconnaît la forte présence de la Royale dans les créneaux plus stables de la banque commerciale pour entreprises et particuliers. Mais elle réagit à l'annonce de vouloir maintenir à 25 ou 30 % le poids de la contribution de ses activités liées au marché des capitaux au bénéfice consolidé. L'institution demeure la plus exposée des six grandes banques canadiennes à ce secteur plus volatile et imprévisible, qui n'a pas été sans attiser la crise financière de 2008. Ce choix a pour potentiel d'exposer les détenteurs d'obligation à des bénéfices plus volatils et pose un défi en matière de gestion de risque, a précisé l'agence.

Selon les données disponibles, le segment banque d'affaires a compté, en moyenne, pour 28 % du bénéfice de la Royale entre 2005 et 2009. Cette proportion est passée à 40 % au cours des deux premiers trimestres de l'exercice 2010, pour tomber à 17 % au troisième et compléter l'exercice 2010 autour de 32 %. Un poids que Moody's estime trop élevé compte tenu de la taille de la Royale.