Prévisions de la CCQ - Une autre année faste pour la construction

Du côté de la construction résidentielle, le volume de travail atteindra les 30 millions d'heures, soit 6 % de moins qu'en 2010.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Du côté de la construction résidentielle, le volume de travail atteindra les 30 millions d'heures, soit 6 % de moins qu'en 2010.

La liste de ceux qui réclament du gouvernement Charest qu'il déclenche finalement une enquête publique sur l'industrie de la construction ne cesse de s'allonger. Mais le secteur, mis sur la sellette jour après jour, n'en continue pas moins de connaître une période faste. Après une croissance marquée cette année, 2011 s'annonce également «excellente», si on en croit les données présentées hier par la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Les dépenses d'investissement en construction pourraient ainsi dépasser les 47 milliards de dollars, après avoir totalisé pas moins de 45 milliards de dollars cette année. L'industrie de la construction a donc maintenu sa croissance en 2010 (+6 % par rapport à 2009), et «l'année 2011 s'annonce également excellente», fait valoir le porte-parole de la CCQ, André Martin.

On prévoit en fait une augmentation de 2 % du volume de travail sur les différents chantiers de la province, laquelle se traduira par 144 millions d'heures travaillées. Près de 155 000 travailleurs actifs devraient fouler les chantiers de construction l'an prochain, alors que 150 000 d'entre eux l'ont fait en 2010.

Le secteur le plus important continuera d'être celui de la construction institutionnelle et commerciale, où le volume de travailleurs grimpera de 4 %, pour atteindre 67,5 millions d'heures (la CCQ ne présente pas de montants globaux pour chaque secteur dans son document intitulé Perspectives 2011). En 2010, le secteur institutionnel a fait bonne figure en raison du programme gouvernemental. Et l'an prochain, l'expansion devrait surtout y être le fait de projets liés à l'éducation et à la santé, notamment du côté du CUSM et du CHUM.

La CCQ s'attend en outre à ce que les travaux liés aux routes et aux infrastructures atteignent leur «apogée» en 2011. En effet, le volume de travail dans les travaux de génie civil et de voirie atteindra 33,5 millions d'heures, soit 5 % de plus qu'en 2010. Les travaux rattachés aux centrales électriques devraient toutefois connaître un recul, note la Commission, «car le parachèvement du projet Eastmain-1-A-Sarcelle-Rupert ne sera que partiellement compensé par le démarrage du projet de La Romaine».

Recul résidentiel

Du côté de la construction résidentielle, le volume de travail atteindra les 30 millions d'heures, soit 6 % de moins qu'en 2010. Mais selon M. Martin, «il s'agira d'un retour à un équilibre entre les besoins de nouveaux logements et le nombre d'unités qui sera construit». L'industrie mettra en chantier 47 000 logements, comparativement à 51 000 en 2010.

Le secteur de la construction industrielle devrait quant à lui s'engager «vers la relance», après avoir traversé une période «passablement difficile» au cours des dernières années. Une croissance de 8 % est attendue en 2011, essentiellement grâce à l'industrie de l'aluminium, avec les projets de Rio Tinto Alcan, et à l'industrie minière, avec notamment la deuxième phase des travaux prévue à la mine de fer du lac Bloom.

Globalement, la CCQ s'attend à ce que la construction demeure «effervescente» au Québec à moyen terme, puisque les investissements privés devraient prendre le relais des programmes publics de relance et que les grands chantiers hospitaliers se mettront en branle. Un volume annuel de plus de 150 millions d'heures est donc anticipé d'ici 2015.

Les besoins de main-d'oeuvre demeureront donc importants, en raison de la croissance du volume de travail et du taux de roulement partiellement attribuable aux départs à la retraite. André Martin souligne toutefois que l'industrie ne craint pas de «pénurie», mais doit composer avec «de grands besoins». En 2010 seulement, environ 14 000 nouveaux travailleurs ont intégré l'industrie. Des besoins annuels de cet ordre sont attendus pour les prochaines années. Depuis 2002, l'industrie de la construction a recruté annuellement entre 12 000 et 15 000 nouveaux travailleurs.