Recherche économique RBC - L'accès à la propriété s'améliore

L'accès à la propriété s'améliore<br />
Photo: source Voyer et Tremblay L'accès à la propriété s'améliore

Les fortes pressions sur le marché immobilier observées en début d'année se sont atténuées. L'accès à la propriété résidentielle s'est donc légèrement amélioré au troisième trimestre, ce qui laisse présager un rééquilibrage graduel et sans heurt du marché immobilier, au Québec et au Canada.

Selon la plus récente lecture de Recherche économique RBC, «le marché de l'habitation au Québec est en voie d'atteindre des niveaux d'activité plus stables, après les fortes variations du secteur de la revente de maisons au cours des deux dernières années». Robert Hogue, premier économiste de l'institution bancaire, a fait ressortir que «les activités de revente ont grimpé pour atteindre des sommets records au début de 2010, suivant les bas niveaux d'il y a six ans atteints à la fin de 2008. Après avoir subi une pression de plus en plus grande pendant quatre trimestres consécutifs, l'accessibilité à la propriété s'est améliorée au Québec au troisième trimestre de 2010, ce qui laisse croire que les activités reprennent de manière plus soutenue.»

L'indice d'accessibilité, qui mesure la proportion du revenu des ménages avant impôts consacrée aux frais de propriété d'une maison individuelle moyenne (capital, intérêts, impôts fonciers et coût des services publics) est passé de 36,4 % au deuxième trimestre à 35 % au troisième, essentiellement en raison d'un léger recul des prix et d'un assouplissement des taux hypothécaires. Ce taux demeure cependant près des sommets atteints avant la période de ralentissement économique et dépasse leur moyenne à long terme, a ajouté l'économiste. Pour la copropriété, le taux d'accessibilité est passé de 30,2 à 28,7 % entre les deux trimestres, et celui d'une maison à deux étages, de 43,5 à 41,7 %.

Ces moyennes québécoises masquent cependant un retour à l'équilibre plus difficile sur le marché montréalais. «Contrairement à ce que l'on remarque ailleurs au pays, le marché de l'habitation de Montréal ne démontre pas encore de signes d'amélioration continue, les ventes de maisons existantes affichant une tendance progressive à la baisse après avoir atteint des sommets à la fin de l'an dernier. Cette tendance reflète en partie la vigueur record des activités de revente entre décembre et février, et explique pourquoi la situation met plus de temps à se résorber que dans les autres grandes villes canadiennes. Un autre facteur à prendre en considération est la hausse notable du coût de la propriété à Montréal au cours de la dernière année», a souligné la Banque Royale.

Une amélioration de l'accessibilité a été calculée dans toutes les provinces. Dans les grandes villes, le taux pour un bungalow détaché a été de 68,8 % à Vancouver, en baisse de 5,4 points de pourcentage par rapport au deuxième trimestre. À Toronto il s'est situé à 47,2 %, en baisse de 3 points. À Montréal, il se chiffrait à 41,7 %, en recul de seulement 1,3 point. À Ottawa il est passé de 41,1 à 38,2 %. À Calgary, il se situait à 37,1 %, en baisse de 2 points, et à Edmonton il se chiffrait à 32,7 %, également en baisse de 2 points.

Pour la suite des choses, la montée des taux hypothécaires sera le facteur dominant de la hausse du coût de la propriété au-delà du court terme, mais l'accroissement du revenu des ménages, avec l'emploi continuant de s'améliorer au Canada, aura un effet adoucisseur, a soutenu M. Hogue. L'économiste prévoit que «la Banque du Canada relancera sa campagne de resserrement des taux d'ici le deuxième trimestre de l'an prochain».