L'inquiétude gagne Toronto

Toronto — La Bourse de Toronto a terminé la journée d'hier dans le rouge, mais a tout de même réussi à se remettre partiellement de la dégringolade de près de 100 points qu'elle affichait plus tôt dans la séance, en raison des inquiétudes liées aux dettes européennes et aux tensions entre les Corées.

L'indice composé S&P/TSX a retraité de 53,1 points pour clôturer à 12 892,71 points, affichant une baisse de 0,5 % sur l'ensemble de la semaine. Le dollar canadien s'est déprécié de 1 ¢US à 98,04 ¢US, pendant que le billet vert américain regagnait du terrain par rapport à la plupart des autres devises. Le cours du pétrole a retraité de 10 ¢US à 83,76 $US le baril.

Les inquiétudes de voir de nouveaux pays européens demander des plans de sauvetage ont été amplifiées par les faibles volumes de transaction, plusieurs opérateurs américains ayant profité du long congé de Thanksgiving.

La moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a lâché 95 points à 11 092 points, tandis que l'indice élargi S&P 500 a retraité de 8 points à 1190 points et que l'indice composite du Nasdaq a chuté de 9 points à 2535 points. Sur la semaine écoulée, l'indice Dow Jones a abandonné 1 % et l'indice élargi Standard and Poor's 500, de 0,9 %.

«Ce marché est prêt à commencer à regarder en l'avant en terme de progression de la croissance, et certains des facteurs extérieurs vont commencer à se dissiper», estime Peter Cardillo, d'Avalon Partners.

Comparé aux places européennes, Wall Street a relativement bien résisté aux influences négatives venues des craintes de resserrement monétaire en Chine, de tensions géopolitiques avec la Corée du Nord, et surtout de contagion de la crise budgétaire européenne. Sur la semaine, l'Eurostoxx 50 a reculé de près de 4 %.

Les inquiétudes macroéconomiques ont poussé le dollar à un plus haut depuis deux mois face à l'euro, mettant sous pression les marchés de matières premières et, en Bourse, les valeurs liées à ces secteurs.

Le marché a toutefois enregistré un net rebond mercredi, avant la journée fériée de Thanksgiving, grâce au soutien d'indicateurs américains encourageants, en particulier au niveau de l'emploi. Une journée de bon augure avant une semaine riche en indicateurs, même si hier la crise budgétaire européenne a repris la main sur le marché au cours d'une séance écourtée et peu animée.

D'une manière générale, la Bourse américaine restait résistante. «Il y a le facteur Bernanke [les mesures d'assouplissement quantitatif mises en place par la Réserve fédérale] pour soutenir le marché, donc il n'y a pas de tendance à la baisse. Il reste à voir si l'on peut trouver un élan à la hausse», observe Mace Blicksilver.

Grain de sel dans ce mécanisme, les taux obligataires, que la Fed souhaite faire baisser, se maintiennent à des niveaux élevés, non loin de 3 % pour le bon du Trésor à 10 ans, souligne tout de même l'analyste.