Scotia achète Patrimoine Dundee pour 2,3 milliards

Le plus grand réseau indépendant de conseillers financiers au Canada passera dans le giron bancaire. La Banque Scotia veut effectuer une importante percée dans l'univers des fonds d'investissement en déposant une offre de 2,3 milliards visant l'acquisition des actions non détenues dans Patrimoine Dundee.

Les actionnaires de Patrimoine Dundee se font offrir l'équivalent de 21 $ par action, ce qui accole à Patrimoine Dundee une valeur marchande de 3,2 milliards. La Scotia offre 0,2497 action ordinaire de la Banque Scotia et, au gré de chaque actionnaire, 5 $ en espèces ou 0,2 action privilégiée au taux révisé sur cinq ans de 3,7 % d'une valeur de 25 $, pour chaque action ordinaire de Patrimoine Dundee. «Avant la conclusion de l'opération, les actionnaires de Patrimoine Dundee recevront également une distribution spéciale en espèces de 2 $ par action, ainsi qu'une participation dans Marchés financiers Dundee, représentant une valeur approximative de 50 ¢ par action de Patrimoine Dundee, que celle-ci distribuera à ses actionnaires en lien avec l'opération. Le coût approximatif de l'opération se chiffre à 2,3 milliards pour la Banque Scotia et représente la part des actions ordinaires qu'elle ne détient pas déjà», a précisé l'institution dans son communiqué.

Au terme de l'entente conclue avec la société mère et principal actionnaire, Dundee Corporation, la Scotia retiendra environ 67 % de Patrimoine Dundee, qui abrite notamment la famille de fonds Dynamique et dont l'actif sous administration atteint 78,5 milliards. La banque prévoit se porter acquéreur des actions restantes.

«L'acquisition de Patrimoine Dundee démontre notre solide attachement à accroître notre présence dans les services de gestion du patrimoine au Canada et s'inscrit dans notre stratégie mondiale dans ce domaine», a déclaré Rick Waugh, président et chef «comment les enchères vont fonctionner» et «ce que sera leur source de capital».

La question de la propriété étrangère va faire couler de l'encre plus tard cette semaine puisque le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, qui s'oppose à l'ouverture du secteur aux compagnies étrangères, entend rencontrer des députés et sénateurs pour faire valoir son point de vue.

La limite de propriété étrangère dans une société canadienne de télécommunications ou de radiodiffusion est de 20 %. Ottawa étudie plusieurs options portant sur le relèvement de ce seuil.

Libération des ondes

La vente du bloc de 700 MHz, qui est dans l'air depuis plus de deux ans, est rendue possible par le fait que les réseaux de télédiffusion vont passer du mode analogique au mode numérique. Des consultations auront lieu bientôt afin d'aborder certaines questions liées à la concurrence et au processus de mise aux enchères.

Une deuxième série de consultations en 2011 vont porter sur la mise aux enchères d'un bloc de 2500 MHz, mais dont la date n'est pas arrêtée. «Ces consultations visent à préparer le terrain pour la mise en place d'un spectre de radiofréquences suffisant pour servir les réseaux sans fil à large bande de dernières générations», a dit M. Clement.

Lors d'un entretien, un haut dirigeant de Bell, Mirko Bibic, a dit que la compagnie apprécie le fait d'avoir une date et la décision d'Ottawa de geler les droits.

Lors des enchères de 2008, qui ont récolté 4,2 milliards alors qu'on ne s'attendait qu'à 1,5 milliard, le gouvernement avait réservé 40 % du spectre aux «nouveaux joueurs», comme Vidéotron, Public Mobile et WIND Mobile (Globalive).

Globalive avait toutefois semé la controverse, car son démarrage a reçu l'appui financier du géant égyptien Orascom. L'affaire a fait l'objet d'un débat devant le CRTC, dont l'avis défavorable concernant cette situation a été renversé par le ministre Clement

Il y a deux semaines, le président de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, a écrit dans le National Post que le gouvernement Harper devait tenir compte des compagnies dont les moyens financiers sont moins grands que ceux des anciens monopoles comme Bell et Telus.

«Les règles des enchères doivent permettre aux nouveaux joueurs de prendre pied de manière durable sur le marché du sans-fil», a écrit M. Péladeau. Selon un porte-parole, Serge Sasseville, il pourrait s'agir, par exemple, d'un plafond dont les modalités restent à déterminer. Aussi, Quebecor croit que les deux enchères devraient être combinées.