Au travail, les chômeurs!

Paris — L'idée britannique d'employer durant un mois des chômeurs sans les payer est séduisante mais compliquée pour les entreprises et l'État, a jugé hier le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu.

La coalition au pouvoir en Grande-Bretagne prévoit de faire travailler au profit de la collectivité les chômeurs de longue durée sans les rémunérer, durant quatre semaines à raison d'au moins 30 heures hebdomadaires.

Interrogé sur cette idée sur RMC et BFM TV, Benoist Apparu s'est dit séduit par le principe mais sceptique sur sa mise en place.

«Que, moralement, celui qui reçoit une allocation de la collectivité redonne quelque chose à la collectivité et reste dans la mécanique du travail me paraît plutôt une bonne chose», a-t-il dit.

«Maintenant, c'est trèe compliqué à organiser. Parce que quand vous avez deux millions, trois millions de chômeurs [...], trouver une activité de trente heures par semaine pour trois

millions de personnes, c'est quelque chose d'excessivement compliqué à organiser», a ajouté Benoist Apparu.

Il y avait en septembre 2,7 millions de demandeurs d'emploi de catégorie A, qui regroupe les personnes sans activité et en recherche active d'emploi.

Pour Benoist Apparu, il serait compliqué de trouver une place pour des chômeurs dans les entreprises et l'administration.

«Si en plus il faut dire: vous prenez des stagiaires, vous prenez des apprentis, et vous devez prendre aussi ceux qui sont sans emploi, objectivement les entreprises n'y arriveront pas, auront beaucoup de mal à le faire», a-t-il dit.

«Et comme je ne souhaite pas qu'on retrouve ces personnes-là dans l'administration, parce que derrière ça se finira avec des fonctionnaires en plus, je suis très partagé», a conclu le secrétaire d'État.
1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 9 novembre 2010 10 h 40

    Qui voudra embaucher...

    si on a des travailleurs gratuits?
    Il y a quelques années, on avait condamné une radio communautaire à payer au salaire minimum un prestataire de ce qu'on appelle habituellement le bien-être social, qui avait eu le tort de faire du bénévolat (bien sûr, le BES a coupé l'équivalent du salaire versé). Ce qui est interdit deviendrait obligatoire?