Canada - Le taux de syndicalisation diminue dans le secteur privé

L'allégation: les syndicats sont des rabat-joie qui empêchent les grands projets et font perdre un temps fou au développement des entreprises. Les chiffres: dans le secteur privé, qui représente la majorité des emplois au Québec, 21,7 % de la main-d'œuvre est présentement syndiquée, un niveau inférieur à celui de la fin des années 1990.

Le Devoir a profité du rapport de Statistique Canada portant sur les taux de syndicalisation en première moitié de 2010 pour fouiller dans le passé et les comparer avec ceux qui prévalaient en 1999. Un des constats: la croissance du nombre total de syndiqués sur cette période (+ 19,2 %) a été plus forte que celle du nombre d'emplois (+ 16,9 %).

Malgré tous les bouleversements qui ont marqué la vie économique au cours de la dernière décennie, les données montrent que les taux par secteur d'activité varient peu, avec quelques exceptions. Par exemple, le secteur agricole, qui emploie une main-d'oeuvre saisonnière et de plus en plus immigrante, affichait une présence syndicale de 9,7 % il y a une dizaine d'années. Aujourd'hui, elle se situe à 3,9 %.

Selon Statistique Canada, sur les 3,3 millions d'emplois au Québec, 1,2 million étaient syndiqués en première moitié d'année, soit 36,1 %. En 1999, c'était 35,4 %. (Les données de l'Institut de la statistique du Québec publiées en 2009 suggèrent 39,4 %.)

Si le pourcentage de travailleurs du secteur privé a reculé (il se situait à 23,1 % en 1999), celui dans le secteur public a grimpé de 76,4 % à 79,2 %.

Derrière Terre-Neuve

De manière générale, le Québec continue d'être l'une des provinces les plus syndiquées. Le palmarès est présentement dominé par Terre-Neuve. Au bas du classement figure l'Alberta. Les provinces sont nettement plus syndiquées que les États américains, où 12 % des travailleurs du privé adhèrent à un syndicat, contre 36 % dans le public.

La loi québécoise, cependant, permet de faire ce qui est généralement interdit dans plusieurs autres endroits: la mise sur pied d'un syndicat par simple signature de cartes d'adhésion. Dans plusieurs provinces et juridictions américaines, la syndicalisation passe forcément par la tenue d'un vote secret.

Faits saillants

La dernière année syndicale a été marquée notamment par la signature d'une convention collective innovatrice entre Québec et les 475 000 employés du secteur public. Elle prévoit une augmentation fixe de 6 % sur cinq ans, plus un montant supplémentaire si l'inflation s'avère supérieure à 1,2 % par année. Les négociations se sont déroulées de bonne foi et ont cheminé rapidement, avaient noté les parties cet été lors de l'entente de principe.

Elle a aussi été marquée par les propos de Pierre Karl Péladeau, qui a écrit une lettre ouverte en janvier 2010 dans laquelle il affirmait que les syndicats mettent du sable dans l'engrenage. Il y a un déséquilibre des forces, avait-il dit.

Entre autres, M. Péladeau a affirmé que ce déséquilibre que «toutes les législations des dernières décennies ont créé» a défavorisé «les entreprises québécoises dans le contexte économique mondialisé» et rendu «plus difficile l'émergence de jeunes entrepreneurs». La lettre de M. Péladeau a été publiée au moment même où avait lieu la Rencontre économique 2010 sous la direction de Jean Charest.

Le financier L. Jacques Ménard, de la Banque de Montréal, avait attribué la teneur de ces propos au fait que Quebecor était aux prises avec un conflit au Journal de Montréal. «Je n'ai pas de bibittes ou d'appréhensions existentielles à l'égard du monde syndical. Ça fait partie de la toile sociale qu'est le Québec», avait dit M. Ménard.

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On peut prendre connaissance du rapport de Statistique Canada: statcan.gc.ca/daily-quotidien/101029/dq101029c-fra.htm
1 commentaire
  • Khayman - Inscrit 30 octobre 2010 16 h 42

    Bâclé

    J'ai rarement vu un article aussi bâclé.

    L'auteur nous garoche des statistiques dans tous les sens, ce qui fait en sorte que l'on n'arrive pas à trouver sur quoi est basé le titre.

    Manifestement, l'auteur veut mettre en perspective les propos de PKP et Ménard en fonction de l'évolution de la syndicalisation sur 10 ans, mais sa mauvaise digestion des chiffres fait perdre complètement le propos dans un article schizophrénique.

    De grâce, la prochaine fois, faites réviser l'article par quelqu'un qui connaît les chiffres avant de publier !