La Chine doit prendre ses responsabilités, dit Michel Barnier

Michel Barnier<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) John Thys Michel Barnier

Washington — Le commissaire européen aux Services financiers, Michel Barnier, a prévenu hier, lors d'une conférence à Washington, que l'Europe allait mettre la Chine face à ses responsabilités dans la stabilité de l'économie mondiale au sein des discussions du G20.

«Je recommande que nous ayons, Américains et Européens, un dialogue clair, régulier avec les grands pays émergents. Nous avons beaucoup de raisons d'ailleurs d'avoir un dialogue avec eux», a affirmé M. Barnier devant le Conseil atlantique, une organisation qui promeut le dialogue entre dirigeants nord-américains et européens. «La question est posée par exemple de la stabilité monétaire. Si chacun de ces pays, je pense à la Chine en particulier, veut tenir sa place, qui est l'une des plus importantes dans le monde, à la table des grands acteurs, à coup sûr cela crée une responsabilité pour elle sur le plan de cette stabilité», a-t-il poursuivi.

«En tout cas, du côté européen, nous aurons des difficultés à accepter d'être la variable d'ajustement de manière durable», a prévenu le commissaire qui s'exprimait en français.

M. Barnier a soutenu l'initiative de la France qui veut mettre le système monétaire international à l'ordre du jour de sa présidence en 2011 du groupe des pays riches et émergents du G20, dont l'Union européenne est l'un des membres. «Je crois que les dirigeants du G20, précisément la future présidence du G20, a raison de poser cette question de la stabilité monétaire», a-t-il indiqué.

«Nous voulons le dialogue sur cette question, nous voulons la réciprocité dans l'accès à nos marchés. Nous devons l'ouvrir comme ça a été le cas au G20 sur les leçons de la crise et l'ensemble des mesures de régulation et de supervision», a précisé M. Barnier. «Il n'y a pas de naïveté. Il y a la confiance dans ce travail en commun, et moi par exemple j'ai décidé de me rendre prochainement au Japon et en Chine pour rétablir les bases de ce dialogue», a-t-il conclu.

M. Barnier a rencontré par la suite le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, qui a soutenu cet effort.

Les deux hommes «ont réaffirmé leur forte détermination à continuer à coopérer étroitement pour renforcer le système financier mondial», selon un compte-rendu de leur rencontre rédigé par le Trésor. Ils «ont rappelé que les États-Unis et l'Union européenne, étant les deux plus grands systèmes financiers et économies au monde, avaient une responsabilité particulière pour promouvoir et mettre en oeuvre des normes financières mondiales plus solides», a indiqué Washington.