Gignac resserre les règles de prise de participation d'Investissement Québec

Clément Gignac a déposé hier le projet de loi par lequel la Société générale de financement et Investissement Québec seront fusionnés.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Clément Gignac a déposé hier le projet de loi par lequel la Société générale de financement et Investissement Québec seront fusionnés.

Québec — Le ministre du Développement économique, Clément Gignac, resserre les règles de prise de participation de la nouvelle entité qui sera composée d'Investissement Québec et de la Société générale de financement.

M. Gignac a affirmé qu'une autorisation ministérielle sera nécessaire pour toute position de plus de 30 % dans le capital d'une entreprise. Dans le cas de prises de contrôle, ce sera le conseil des ministres qui devra donner son aval.

«Je trouvais ça important que le ministre n'apprenne pas par les journaux tout à coup, un bon matin, que la société d'État a mis 200 millions dans telle entreprise ou a pris 35 % de participation dans cette entreprise-là», a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

M. Gignac a déposé hier le projet de loi par lequel les deux sociétés d'État seront regroupées.

La fusion d'IQ et de la SGF, qui selon le ministre devrait entraîner des économies de 10 à 15 millions,avait été annoncée le mois dernier.

Au nombre des économies sur lesquelles mise M. Gignac, le nombre de cadres passera de 23 dirigeants à une quinzaine.

M. Gignac a affirmé que la stratégie de la nouvelle entité, qui gardera le nom d'Investissement Québec, inclura des mandats spéciaux, qui seront provisionnés par le gouvernement.

Le ministre n'a pas écarté la possibilité que la société d'État se déploie dans le secteur du gaz de schiste, une activité dont le gouvernement favorise l'exploitation.

M. Gignac n'a cependant pas voulu présumer du contenu du plan stratégique que le nouveau conseil d'administration devra lui remettre au printemps prochain.

«Nous, on veut être en complémentarité également aux institutions financières, mais il y a des secteurs qui peuvent contribuer à l'enrichissement du Québec, je pense qu'on va regarder ça de près», a-t-il dit.

M. Gignac a refusé de tirer un bilan négatif des activités de la SGF, qui a subi 1 milliard de pertes en 10 ans.

«Je pense que j'aime mieux laisser à d'autres personnes le soin de faire leurs propres conclusions là-dessus, a-t-il dit. Il y a des éléments intangibles. Quand tu dis que tu as gardé le contrôle de certaines entreprises au Québec, c'est un élément qui est quand même non négligeable.»

M. Gignac a exprimé le souhait que le projet de loi sur la fusion des deux institutions soit adopté d'ici l'ajournement des travaux parlementaires en décembre.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie, Jean-Martin Aussant, a affirmé que le Parti québécois est favorable au regroupement des deux sociétés d'État.

Par contre, M. Aussant juge que le mandat de la nouvelle société d'État nécessiterait d'être clarifié.

«Je ne sais pas si la SGF et Investissement Québec vont se transformer en compagnies d'asphalte, mais la politique économique du gouvernement n'est pas très, très précise en ce moment», a-t-il dit en conférence de presse.
1 commentaire
  • Guy Rochefort - Inscrit 30 octobre 2010 12 h 23

    Question?

    Les mêmes exigences relativement aux prises de participation s'appliquent-elles à la Caisse de dépôt?
    Pourquoi les sociétés d'investissement du Québec devraient-elles ne pas avoir le droit d'infléchir ou carrément de contrôler les politiques d'une entreprise?
    Le gouvernement libéral a-t'il érigé en principe de faire perdre l'argent des québécois dans des placements ou des entreprises douteux ou toxiques?