Le raffinage va mieux chez Shell

Shell, qui a invoqué la faible rentabilité du secteur du raffinage pour justifier l'arrêt des activités à Montréal-Est, ne perd presque plus d'argent dans ce créneau.

La pétrolière britannique, qui compte transformer la raffinerie en terminal de stockage de carburants, a indiqué hier que ses activités de raffinage ont affiché des pertes de 90 millions au cours du troisième trimestre. C'est cinq fois moins que le manque à gagner de 450 millions observé l'an dernier.

Dans l'ensemble, la société a bénéficié d'une hausse des prix du pétrole brut. Elle a donc vu ses profits passer de 3,2 milliards à 3,5 milliards, et son chiffre d'affaires grimper de 75 milliards à 91 milliards.

Partie intégrante du club sélect qu'est celui des six «supermajors» du pétrole, Shell essaie depuis l'an dernier de réduire de 15 % sa capacité mondiale de raffinage. Au cours des trois derniers mois, elle a réussi à vendre deux raffineries en Europe. Celle de Montréal-Est ne raffine plus rien et on attend les autorisations ministérielles pour la démanteler.

«Il y a des améliorations, mais les conditions du marché demeurent difficiles, surtout en Europe, un centre de raffinage important», a dit le directeur des finances, Simon Henry, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes.

Shell a récemment augmenté sa production pétrolière dans les sables bitumineux et est en train d'agrandir son complexe de raffinage Scotford, situé à proximité, qui donne un premier traitement au pétrole boueux avant de l'acheminer ailleurs.

ExxonMobil

Shell n'a pas été la seule à dévoiler des résultats spectaculaires. ExxonMobil, qui raffine grosso modo entre 5 et 10 % de l'essence consommée dans le monde, a enregistré un profit de 7,4 milliards $US. Il s'agit d'une hausse de 55 %. Ses revenus ont augmenté de 16 %, à 95 milliards.

ExxonMobil a, elle aussi, mentionné l'amélioration du secteur du raffinage. Selon les documents transmis aux analystes et actionnaires, au cours du troisième trimestre, ses activités de raffinage ont généré des profits de 300 millions.

À elle seule, la division «aval», composée du raffinage, du marketing et de la vente à la pompe, a engrangé un bénéfice de 1,2 milliard. La production de pétrole a enregistré à elle seule des profits de 5,5 milliards.