Une maison vaut 100 000 $, vous la paierez 123 900 $!

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Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Habitation

Les taux d'intérêt demeurant peu élevés, le prix des loyers augmentant sans cesse, les Canadiens aspirent à devenir propriétaires de leur demeure. Mais à quel prix? Une enquête montre qu'il faut payer beaucoup plus que la valeur réelle d'une propriété pour réaliser son rêve.

Toronto — Selon une enquête internationale realisée par le magazine The Economist, les maisons canadiennes coûtent en moyenne 23,9 % de plus que leur valeur réelle. En outre, d'après l'étude, dont les résultats ont été dévoilés hier, le prix des résidences a monté en flèche de façon soutenue au cours des dernières années. Entre 1997 et 2010, l'augmentation a été chiffrée à 70 % par The Economist.

La situation est certes moins critique qu'en Australie, où les acheteurs de maisons déboursent 63,2 % de plus par rapport au véritable prix de leurs résidences, qu'à Hong Kong (58,1 %) ou qu'en Espagne (47,6 %), les trois marchés où l'immobilier est le plus surévalué des 20 pays ayant fait l'objet de cette analyse.

Aux États-Unis, où les prêts hypothécaires à haut risque ont mené à un nombre effarant de saisies immobilières lors de la crise économique, les acheteurs paieraient 4,6 % de plus que la valeur réelle de leur maison.

Le pouvoir d'achat des consommateurs est nettement plus intéressant au Japon, où les maisons se vendent 34,6 % moins cher que leur valeur réelle. Suivent l'Allemagne (- 12,9 %) et la Suisse (- 6,4 %).

Il y a un an, le marché de 15 des 20 pays étudiés avantageait les consommateurs. Cette année, ce nombre est passé à quatre.

Pour effectuer cette analyse, le magazine a divisé le prix payé pour une maison par le prix que le propriétaire aurait pu gagner annuellement en la louant. Un résultat élevé signifie que la maison est surévaluée tandis qu'un faible résultat indique qu'elle est sous-évaluée.

Donnée la plus récente sur le sujet, le prix des résidences canadiennes a augmenté de 0,2 % entre les mois de juillet et août, selon l'Indice composite national de prix de maisons de Teranet-Banque Nationale, ce qui indique que les prix se stabilisent à travers le pays. Pour un deuxième mois consécutif, les prix n'ont pas augmenté par rapport au mois précédent dans les six marchés qui ont fait l'objet de l'étude.

Sur une base mensuelle, les prix ont baissé à Calgary et Vancouver, mais ils ont connu une croissance progressive à Toronto, Montréal, Halifax et à Ottawa. Par contre, sur une base annuelle, les chiffres révèlent autre chose. L'indice, qui compile les fluctuations des prix des résidences dans six métropoles canadiennes en se basant sur les registres publics, a en effet permis d'établir que le prix des résidences avait augmenté de 10 % en moyenne par rapport au mois d'août 2009.

Ce sont les marchés de Toronto et de Vancouver qui ont été touchés le plus durement avec des hausses de 12 pour cent entre août 2010 et août 2009. À Ottawa, pour la même période, l'augmentation a été de 10,7 %. Viennent ensuite Montréal, avec 7,7 % d'augmentation, et Halifax avec 6,8 pour cent. Calgary ferme la marche avec une augmentation de 5 %.

La plupart des hausses sont cependant attribuables aux gains réalisés au cours de la première moitié de l'année. Le prix des maisons avait alors subi une inflation car les acheteurs s'étaient sentis pressés d'investir de crainte de voir les taux d'intérêt bondir et les règles hypothécaires se resserrer. L'implantation annoncée de la nouvelle taxe harmonisée a également poussé certains acheteurs de l'Ontario et de la Colombie-Britannique à investir.