Énergie verte et énergie sale - La politique et les crédits d'impôt

Contrairement au gouvernement Harper — un des très rares gouvernements centraux d'un pays industrialisé à ne pas encourager l'achat et la location de véhicules écoénergétiques —, les gouvernements de l'Ontario et du Québec offrent des incitatifs à l'achat et à la location de véhicules 100 % électriques. Dans le cas de la LEAF au Québec, un crédit d'impôt de 8000 $ sera offert pour les années 2011 et 2012. Il passe ensuite à 6000 $ en 2013, 4000 $ en 2014 et 2000 $ en 2015.

Pour ce qui est de la location, vous avez droit à:

-12 mois 24 mois: 25 % du montant offert (par exemple, si vous louez une Leaf entre 12 et 24 mois en 2011, vous aurez droit à un crédit de 25 % de 8000 $, soit 2000 $)
-24 mois 36 mois: 40 %
-36 mois 48 mois: 55 %
-48 mois 60 mois: 70 %
-60 mois 72 mois: 80 %
-72 mois —: 85 %
-www.revenu.gouv.qc.ca/documents/fr/formulaires/tp/tp-1029.8.36.ec(2009-10).pdf

Qui subventionner?

Selon des données recueillies par les partis d'opposition fédéraux et des groupes écologistes, la somme des subventions, crédits et baisses d'impôt du gouvernement fédéral envers les compagnies gazières et pétrolières se situerait entre 3 et 5 milliards de dollars. Si on prend la moyenne de 4 milliards, on peut évaluer que de tels avantages pourraient financer des crédits pour 500 000 voitures «vertes» par an sur des ventes totales au pays d'environ 1 500 000 véhicules.

Et au Québec...

Comme Nissan s'attend à vendre au Canada environ 10 % du nombre prévu de LEAF aux États-Unis (qui en auront 20 000 pour la première année) et que le Québec risque de vendre approximativement 30 % du total, on peut évaluer que le gouvernement va assumer pour 700 voitures au Québec (à 8000 $ maximum chacune) un maximum de 5,6 millions de dollars. Pendant ce temps, les droits d'exploration pour le gaz et le pétrole ont été cédés à si bas prix au Québec par rapport à la Colombie-Britannique (3,6 millions au Québec contre 3,5 MILLIARDS en Colombie-Britannique pour les années 2008-2009) qu'on peut considérer la différence comme une subvention du gouvernement du Québec à l'endroit de l'industrie du pétrole et du gaz de 3 496 400 000 $. Ce montant aurait pu financer des crédits de 8000 $ pour 437 050 véhicules électriques, ce qui est près du total de TOUS les véhicules vendus chaque année au Québec!
5 commentaires
  • Denis Hébert - Inscrit 25 octobre 2010 13 h 13

    Bon à savoir

    Excellent article qui mets en perspective la véritable volonté des gouvernements! Par contre, il serait intéressant de parler qu'il serait aussi possible de subventionner la recherche pour rendre ces voitures plus efficace.

  • Jean_Yves - Abonné 25 octobre 2010 20 h 35

    Les milliards faciles...

    Tout de même m. Breton, financer la consommation ce n’est pas vraiment la même chose que de financer une industrie qui va générée des emplois sur plusieurs décennies.

    Et les milliards reçus par la Colombie-Britannique n’ont pas été versés pour voir s’il y a «peut-être» du gaz dans le sol. Manifestement les possibilités d’extraction y sont fort bien identifiées, et pas du même ordre de grandeur. Ce qui n’est absolument pas le cas ici, et ne le seras pas de si tôt si le boucan médiatiques se poursuit!

    D’ailleurs, une bonne partie du gaz que l’on consomme ici nous vient de la Colombie-Britannique. C’est donc dire que c’est nous qui les payons pour une bonne part ces milliards a la Colombie-Britannique …

    Prétendre comme vous le faite que l’on peut considérer comme une subvention la différence entre ce que récoltent la C-B et les droits demandés par Québec ne fait aucun sens puisque ces chiffres concernent deux choses totalement différentes.

  • Dany Lemieux - Inscrit 25 octobre 2010 20 h 38

    Mauvaises comparaisons

    M. Breton dit que le gouvernement du Québec subventionne l'industrie du pétrole et du gaz de 3 496 400 000 $. Or, les quantités de claims de gaz naturel ne sont pas les mêmes dans les deux . De plus, le régime québécois s'appuie sur la vieille loi sur les mines, qui sera bientôt changée. Finalement, M. Breton se garde bien de parler des retombées économiques de la construction de la LEAF au Québec, car il n'y en aura pas!!! Par contre, des retombées économiques directes et indirectes de ces industries pétrolières et gazières, qu'on les aime ou non, il y en a. SVP, comparons des pommes avec des pommes et présentez les deux côtés de la médaile si vous voulez que votre message porte.

  • Daniel Breton - Inscrit 26 octobre 2010 15 h 49

    En réponse à M. Lemieux et Jean-Yves

    Je vais préciser ma pensée.

    oui, ce n'est peut-être pas exactement la même chose, mais comprenez ceci.
    Nous sommes supposés de mettre en place une industrie de transport individuel et collectif électrique Québécois. Or, des mois après avoir fait cette annonce, le gouvernement ne donne suite à rien de cela. Des acteurs importants qui travaillent depuis 10-20 et même 30 ans et qui semblaient, pour la première fois depuis des années, voir la lumière au bout du tunnel commencent à craindre que les discours de Mme. Normandeau qui vante la conversion du pétrole vers le gaz ne tue toute création d'emploi dans la fabrication d'autobus, de camions de livraison ou de toute autre technologie électrique!

    Alors, ce ne sont pas des pommes et des oranges mais bien des pommes avec des pommes. Quand le gouvernement fait de tels cadeaux à une industrie qui n'en a nul besoin et recule sur le développement de technologies vertes, c'est tout à fait pertinent

  • Dany Lemieux - Inscrit 26 octobre 2010 20 h 53

    En réponse à M. Breton

    Donc, si je comprends bien, ce n'est peut-être pas exactement la même chose, mais qu'à cela ne tienne, pour vous, c'est bien des pommes avec des pommes. Je me préoccupe beaucoup de l'environnement mais je suis allergique au manque de rigueur dont vous faites preuve ici. Je constate que les raccourcis intellectuels sont de plus en plus nombreux dans le discours écologiste ces temps-ci. Comment voulez-vous que le message porte si le mouvement écologiste se discrédite lui-même? Vous êtes en train de laisser tomber votre base sympathisante avec une telle façon de faire et cela est navrant.