Le déficit fédéral a atteint 5,8 milliards

Ottawa — Le déficit du gouvernement fédéral a atteint 5,8 milliards en août, ce qui représente un bond de plus de 5,3 milliards par rapport au déficit de 473 millions enregistré en juillet. L'an dernier, le déficit du mois d'août s'était chiffré à 5,3 milliards.

Le ministère des Finances a toutefois indiqué hier que les plus récentes données démontrent également que le déficit annuel est largement plus faible que celui de l'an dernier, à pareille date. Le déficit final de l'année financière devrait donc atteindre l'objectif prévu, soit 45,4 milliards, ou un montant moindre.

Ottawa a indiqué que ses revenus en août avaient crû de 1,9 milliard mais que ses dépenses avaient augmenté de 2,5 milliards, notamment à cause des transferts aux provinces et aux Premières Nations ainsi que des projets d'infrastructures. Le gouvernement conservateur continue néanmoins à dire qu'il terminera son année financière avec un déficit inférieur à celui de 55,6 milliards enregistré l'an dernier. Le déficit fédéral pour les cinq premiers mois de l'année financière s'élève à 13,5 milliards. C'est 10 milliards de moins que celui de l'an dernier à pareille date.

Les analystes soulignent que les fortes variations mensuelles ne sont pas inhabituelles dans les données du ministère des Finances, celles-ci étant davantage liées à des questions de moment de publication, plutôt qu'à des facteurs sous-jacents. Cela est particulièrement vrai cette année, explique l'économiste Mary Webb, de la Banque Scotia, alors que le gouvernement absorbe les coûts du plan de relance économique. Du côté des investissements, elle s'attend à ce que les dépenses augmentent dans les mois à venir, alors que les factures des projets de relance seront envoyées à Ottawa.

De son côté, l'économiste Sonya Gulati, de la Banque TD, a déclaré que si le pays semblait en bonne voie d'atteindre son objectif en matière de déficit, le gouvernement ne pourrait cependant pas équilibrer son budget d'ici 2015-2016 en misant uniquement sur la croissance économique. À ses yeux, la croissance des dépenses des différents programmes fédéraux devra être limitée à moins de 2,5 %.