Grande-Bretagne - Osborne défend son plan d'austérité devant des Britanniques ulcérés

Les unes de quelques journaux britanniques au lendemain de l’annonce du plan d’austérité.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Leon Neal Les unes de quelques journaux britanniques au lendemain de l’annonce du plan d’austérité.

Londres — Le gouvernement britannique a défendu hier son plan d'austérité d'ampleur sans précédent dévoilé la veille, rejetant les nombreuses accusations d'injustice, alors que le pays commençait à peine à prendre la mesure des lourds sacrifices à venir.

Le ministre des Finances, George Osborne, a martelé sur les ondes des radios et télévisions que la réduction du déficit record dont avait hérité son gouvernement était «inévitable» et a défendu ses «choix difficiles» consistant notamment à réduire drastiquement les allocations sociales.

«Nous avons pris des mesures pour sortir le Royaume-Uni d'une zone de danger financière», a-t-il plaidé. «J'ai fait un choix conscient, en décidant de maintenir les dépenses de santé et d'éducation», au détriment des allocations sociales, et «je pense que ce sont des décisions justes», a ajouté le chancelier de l'Échiquier [titre officiel du ministre].

M. Osborne avait détaillé mercredi un plan d'austérité qui entraînera la suppression de près de 500 000 emplois publics et des coupes drastiques dans les dépenses sociales.

Ce plan — considéré comme le plus sévère des grands pays de l'Union européenne — vise à réaliser 81 milliards de livres [135 milliards $CAN)] d'économies en moins de cinq ans, auxquels s'ajouteront 30 milliards de livres [48 milliards $CAN] de hausses d'impôts, pour ramener le déficit britannique à 1,1 % du PIB en 2015 contre 10,1 % cette année.

Au lendemain de ces annonces chocs, dont les effets ne se feront sans doute vraiment sentir que l'an prochain, les reproches pleuvaient de toutes parts, le gouvernement se voyant accusé par la presse et de nombreux commentateurs d'avoir «manié la hache» aveuglément, en imposant les sacrifices les plus importants aux ménages les moins aisés. Le parti travailliste, relégué dans l'opposition depuis sa défaite cuisante aux élections législatives de juin, a ainsi dénoncé une «stratégie de la terre brûlée».

De son côté, l'Institut d'édudes budgétaires, un centre de réflexion indépendant, a qualifié le plan d'austérité de «régressif», dans la mesure où les ménages les moins aisés seront touchés plus durement que les plus riches, selon ses calculs.

M. Osborne et le premier ministre, David Cameron, ont rejeté catégoriquement ces reproches, assurant que tout le monde était mis à contribution, et que les ménages les plus riches seraient les plus durement frappés.

Le chancelier a par ailleurs reçu le soutien des libéraux démocrates, partenaires de coalition des conservateurs. Ils ont serré les rangs en assurant que les coupes budgétaires étaient «les plus justes possibles». Il a également reçu un satisfecit de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a jugé son plan «dur, nécessaire et courageux».

La presse a souligné quant à elle le bouleversement historique qu'entraînera la chute des dépenses publiques et le repli spectaculaire de l'État providence.
2 commentaires
  • Fernand Trudel - Inscrit 22 octobre 2010 09 h 51

    Quand la facture arrive, les rêves s'estompent

    Enfin un gouvernement qui a décidé de revenir les deux pieds sur terre. On a beau dépenser et créer des programmes, un moment donné la facture arrive et les rêves s'estompent.

    Il en est de même du budget à l'environnement qui subira une coupure de 40% . C'est une suite au climategate que certains avaient blanchis trop vite en contournant le débat et les preuves irréfutables.

    Nous ne sommes pas à l'abri d'une telle austérité étatique et le débat sur le pouvoir de dépenser du fédéral en est que le début. Il faudra avoir le courage de s'y intéressé avant que les gouvernements décident encore. C'est dans cet esprit que je serai demain à Québec au coloque du Réseau Liberté-Québec. L"été de la cigale est passé. Nous sommes à l'automne de nos finances à préparer l'hiver austère...

  • - Abonné 23 octobre 2010 01 h 39

    @ Fernand Trudel : Mauvais jeu de mots

    SI votre démarche est sincère et honnête, le Réseau Liberté-Québec risque fort de vous décevoir.
    Il ne suffit pas de se draper du mot Liberté pour qu'elle survienne.
    Prenez le temps d'étudier l'histoire de l'Angleterre des trente dernières années. Allez voir les politiques que Margaret Tarcher et Tony Blair ont appliquées. Vous serez estomaqué d'y trouver les idées dont le Réseau Liberté-Québec fait aujourd'hui la promotion : un État aminci, des marchés concurrentiels, la « liberté » de choix.
    La catastrophe économique que connaît l'Angleterre est la suite logique des idées dont le RLQ fait aujourd'hui la promotion.
    Plus on donnera d'espace aux forces du marché, plus on restreindra l'espace laissé aux individus. On aspire tous à la liberté, mais celle que vous réclamez est un leurre. Les Anglais le réalisent brutalement aujourd'hui.
    Attention, ce n'est pas parce que vous vous retrouverez dix, cent ou mille dans un même lieu, cette fin de semaine ci, à penser de la même façon que la Vérité sera immanquablement de votre côté. Des millions de Britanniques ont été subjugués par les sirènes néolibérales, le naufrage est aujourd'hui stupéfiant.
    Désolé, le Réseau Liberté-Québec n'a rien inventé. Si les mots réseau, liberté et Québec pris séparément peuvent faire rêver, ils ne forment ici qu'un bien triste jeu de mots.
    Les leçons de l'histoire sont implacables, relisez celle récente de l'Angleterre.