Gaz de schiste: le débat doit se faire à Québec

C'est à Québec, dans le cadre d'une commission mise sur pied par le gouvernement Charest, que doivent se faire les discussions portant sur l'exploration des gaz de schiste, car le niveau actuel du débat manque de hauteur, estime le président de SNC-Lavalin.

L'assemblée d'information tenue mardi soir à Saint-Hyacinthe par l'industrie gazière a été la plus tendue de toutes, à tel point que le président de l'Association pétrolière et gazière du Québec, André Caillé, s'est éclipsé pendant une heure et demie sur les conseils de la Sûreté du Québec.

«Le gouvernement doit mettre en place une commission qui permettrait d'avoir une revue complète du dossier. Il y a un énorme potentiel pour les gaz de schiste au Québec, et on devrait lui donner l'importance qu'il mérite. On peut améliorer le niveau de discussion», a dit hier Pierre Duhaime lors d'un point de presse en marge d'une allocution organisée par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Le discours de M. Duhaime, qui dirige SNC-Lavalin depuis mai 2009, a porté notamment sur les grandes tendances de l'économie mondiale, les marchés émergents aux yeux de SNC-Lavalin et la notion d'une société sans carbone.

Présentement, la plus grande firme de génie-conseil au Canada est investie dans plusieurs domaines énergétiques, comme le nucléaire et l'hydroélectrique, mais n'est pas active dans le secteur des gaz de schiste. «On est actif dans le gaz naturel. Mais le gaz de schiste est un gaz comme les autres, et à partir du moment où on l'extrait du sol, le traitement est assez facile», a précisé M. Duhaime.

Des compagnies albertaines, comme Questerre et Talisman, sont déjà en train d'explorer le sous-sol québécois pour des gaz de schiste, mais leurs travaux sèment l'inquiétude dans des communautés qui disent ne pas avoir été consultées et qui craignent des conséquences néfastes pour l'environnement.

L'Association pétrolière et gazière du Québec a tenu trois séances d'information pour permettre à la population d'entendre ses arguments et de poser des questions. Cependant, les rencontres ont été très animées, et celle de mardi soir a été carrément hostile à l'endroit de M. Caillé, ancien p.-d.g. d'Hydro-Québec et de Gaz Métro.

«Le gouvernement doit décider de ce qui est bon pour la population. Le niveau de discussion qu'on voit présentement, ce n'est certainement pas bon, a dit M. Duhaime. Ça démontre clairement qu'il y a de l'information qui n'a pas été diffusée correctement. On doit mieux se comprendre et on doit relever le niveau du débat.»

Au Congrès mondial de l'énergie, M. Duhaime avait déploré la «méfiance» qui caractérise les relations entre les promoteurs de projets énergétiques et les écologistes. «La nature humaine étant ce qu'elle est, nous avons tendance à opter pour des solutions qui font porter le fardeau aux autres. Peu d'entre nous veulent vraiment que notre mode de vie change», avait-il dit.

Au cours de ce même con-grès, la présidente de Gaz Métro, Sophie Brochu, avait estimé que les compagnies d'exploration des gaz de schiste n'avaient pas bien expliqué leur projet et qu'elles devraient écouter la population davantage.

La raffinerie de Shell

Prié de dire si SNC-Lavalin serait disposée à s'occuper du démantèlement de la raffinerie de Shell, dans l'éventualité d'un feu vert de Québec, M. Duhaime s'est limité à dire: «Nous faisons de la gestion de projets. Si quelqu'un nous mandate pour prendre un projet, pourquoi pas?»

SNC-Lavalin n'a pas discuté de cette question avec Shell, a-t-il affirmé.
1 commentaire
  • jpz - Abonné 1 octobre 2010 10 h 44

    Un forum adéquat existe déjà pour débattre à fond sur ces sujets...

    AVANT UN BAPE presque inutile...
    Je propose d'utiliser un outil réglementaire qu'on a déjà et qui fonctionne adéquatement.
    Afin de permettre l’examen, en audience devant les experts et intervenants de la Régie de l’énergie, des recommandations et des décisions sur un examen et une analyse de la planification intégré des ressources ( PIR ) pour connaître et déterminer l’équilibre de l’offre et de la demande entre les diverses sources énergétiques en considérant le potentiel offert par tous les types de gisements tels la géothermie, l’efficacité énergétique, la réduction et la gestion de la demande, l’énergie solaire, éolienne, hydraulique, le gaz naturel d'ailleurs, le gaz de de schiste, les biogaz, les biocarburants organiques et le pétrole léger ou le sale bitumineux pour satisfaire à la demande actuelle et future prochain des clients québécois et des voisins partenaires énergétiques du nord est de l’Amérique du nord.