Plan d'action économique - Québec veut forcer la main à Ottawa

Ottawa — La pression s'accentue sur le gouvernement conservateur afin qu'il repousse la date butoir des projets financés par le plan d'action économique. L'Assemblée nationale a adopté hier une motion unanime demandant un report de l'échéance, alors que le premier ministre Harper a confirmé l'intention d'Ottawa d'être «raisonnable».

La motion de l'Assemblée nationale demande «au gouvernement fédéral d'assurer le financement des projets d'infrastructure dans le cadre du programme PRECO [qui concerne les conduites d'eau] au-delà du 31 décembre 2010, et d'assurer le financement des projets d'infrastructure dans le cadre du plan de relance économique au-delà du 31 mars 2011».

La présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, a indiqué vouloir «profiter de l'ouverture du ministre des Finances [Jim Flaherty] pour solliciter son appui et faire en sorte que nous puissions terminer tous ces projets qui sont en cours d'exécution». La ministre estime que la «plupart» des 1635 projets financés au Québec sont complétés à 80 %.

Selon Mme Courchesne, l'application stricte des règles fédérales (pas de financement si les projets ne sont pas terminés dans les délais prévus) pourrait priver le Québec d'environ 200 millions. La Fédération québécoise des municipalités (FQM) estime que le tiers des projets financés au Québec ne pourront être complétés avant le 31 mars. Certains projets sont abandonnés avant même leur commencement, les appels de soumission demeurant sans réponse à cause du goulot d'étranglement provoqué par la date butoir.

Interrogé durant la période de questions, le premier ministre Harper a maintenu le discours énoncé lundi par Jim Flaherty. «Nous serons raisonnables pour assurer la réalisation de ces projets, a-t-il dit. Il reste six mois à cet exercice financier et nous voulons voir ces projets complétés si c'est possible.» Selon M. Harper, il est «essentiel que les gouvernements travaillent pour compléter les projets aussi vite que possible».

Le nouveau ministre des Infrastructures, Chuck Strahl, a pour sa part rappelé que l'échéance du programme PRECO, soit le 31 décembre, a été décidée d'un commun accord avec le gouvernement québécois.

Dans la foulée, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est dit peu rassuré par les propos de M. Harper. Il a indiqué que, si les conservateurs «veulent être raisonnables, qu'ils cessent de tergiverser, qu'ils disent: "On va repousser les dates butoirs", point à la ligne. C'est facile à dire». Selon lui, «ça ne coûterait pas un sou de plus au gouvernement — même qu'en étendant la date, il y aurait moins de coûts de main-d'oeuvre, ça diminuerait.»