Le secteur bancaire européen reste vulnérable, dit la BCE

Francfort — Le secteur bancaire de l'Union européenne reste exposé à un certain nombre de risques et sa remise sur pied après la crise financière est longue et inégale, estimait hier la Banque centrale européenne.

Dans son rapport sur la stabilité du secteur bancaire, la BCE souligne par ailleurs que certains établissements restent dépendants des financements de la banque centrale, ce qui constitue un motif de préoccupation. La BCE met également en garde contre le risque de nouvelles répercussions sur les banques des problèmes de dette souveraine. «Les risques pesant sur la stabilité du secteur bancaire demeurent, conclut le rapport. Les risques se sont notamment accrus lors des premiers mois de 2010 avec l'intensification progressive des craintes du marché sur le risque souverain dans certains pays de la zone euro.»

Cette crise de la dette souveraine a mis en lumière l'interdépendance entre la solvabilité d'un pays et la performance de son économie et de son secteur bancaire, ce qui augmente la probabilité de difficultés récurrentes. «La dépendance persistante de certaines banques aux facilités de financement de la banque centrale reste une source de préoccupation», s'inquiète également la BCE.

Les risques pesant sur les revenus des ménages restent importants, car le chômage devrait rester élevé dans de nombreux pays de l'UE.

Concernant cette fois les entreprises, les risques ont diminué ces douze derniers mois, mais ils restent importants du fait de la hausse attendue des faillites et des conditions d'accès restreintes au crédit, notamment pour les sociétés de petite et moyenne taille.

Au final, conclut la BCE, la stabilité de l'ensemble du système n'est pas menacée même si la performance de l'économie est inférieure aux attentes. «Les résultats des stress tests européens suggèrent que la plupart des banques européennes ont une capacité d'absorption des pertes suffisante même dans un scénario particulièrement difficile», dit la BCE dans son rapport, qui fait référence aux tests de résistance publiés en juillet.

Le rapport, qui a été bouclé avant l'accord sur les nouvelles règles de prudence de Bâle III, a passé en revue l'ensemble du secteur bancaire européen en 2009 et, pour les établissements les plus importants, l'étude a été prolongée jusqu'au premier semestre de cette année. Cet examen montre que les résultats des grandes banques ont continué à se redresser au début de l'année.